LArmée nationale populaire face à la problématique de la défense et de la sécurité en Méditerranée . par Abderrahmane Mebtoul et Youcef Ikhleff, Le Jeune Indépendant, 30 juillet 2007. C’ est dans ce cadre que cette modeste contribution soulève un sujet tabou rarement abordé publiquement, mais déterminant pour l’avenir du pays, concernant les deux premiers
Descriptif À la découverte de la Provence Quoi de plus beau pour un sentier que de démarrer dans une ville aux odeurs enivrantes ? C'est le cas du GR 4 - de la Méditerranée à l'Océan qui prend ses marques à Grasse, ville de Provence aujourd'hui réputée pour ses parfums. À l’origine, Grasse était renommée pour la ganterie en cuir. Mais les méthodes du Moyen-Âge utilisées pour le tannage étant malodorantes, un artisan décida un jour de plonger ses réalisations dans des essences parfumées. Dès le XVIème siècle, les gants seront alors parfumés et la compétence de parfumeur va se développer dans ce pays. Après cette escapade dans les Alpes-Maritimes, ce sont ensuite les Alpes-de-Haute-Provence et ses célèbres gorges du Verdon qui appellent le randonneur itinérant. Endroit parmi les plus spectaculaires du GR 4 avec ses champs de lavande, ses vues imprenables sur le plus grand canyon d'Europe et ses rapaces qui scrutent nos moindres mouvements, cette portion a été récompensée dans la première saison du concours national Mon GR préféré. C'est légèrement plus loin, dans le Vaucluse, que ce sentier de Grande Randonnée atteindra son point culminant, le Mont Ventoux. Terrain de jeu inépuisable, cette montagne dessine une face nord abrupte couverte d'immenses pins, et une face sud aux pentes douces. La Traversée du Massif central par les Volcans Le GR 4 entre dans le Massif central à Pont Saint-Esprit. Son parcours au sein du Massif central est pourvu de multiples intérêts paysagers, évocateurs de sa grande richesse géologique, naturelle et biologique. On pense évidemment en premier lieu à la Chaîne des Puys, inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO à l'été 2018. Plus jeune ensemble volcanique de France métripolitaine, les quelques 80 puys que compte l'alignement volcanique de la Chaîne des Puys s'étalent sur près de 32 kilomètres de long. Son originalité réside dans sa densité et ses laves différenciées qui se traduisent visuellement par les formes variées des puys les cômes, les dômes et les maars. Le randonneur ne manquera pas non plus d'explorer le Cézallier. En l'absence de hauts reliefs, cet océan de verdure et de solitude peut jouer le jeu des comparaisons avec les paysages de l'extrême orient, ce qui lui vaut d'ailleurs son surnom de petite Mongolie. Mais rassurez-vous, ici les yacks et les yourtes laissent leur place aux vaches salers et aux burons ! Des paysages qui tranchent radicalement avec ceux que l'on rencontrait en Provence et ceux qui arrivent, à savoir le Limousin, le Périgord et à la côte Charentaise. Limoges - Royan, dernièr voyage sur le GR 4 Après avoir quitté la route du Massif central, le randonneur découvre petit à petit le Limousin et son chef-lieu, Limoges. Cette ville est un véritable temps fort de cette longue itinérance. Ville créative, ville d’art et d’histoire et capitale des arts du feu, Limoges héberge des trésors émaux, porcelaines, vitraux… Un patrimoine industriel et artisanal hors du commun qui attire, séduit et rappelle combien l'artisanat d'art est une composante essentielle de la culture et du patrimoine français. Puis, c'est au tour du Périgord vert, en Dordogne, de faire du pied au randonneur. Cette partie la plus septentrionale parmi les quatre Périgord qui existent doit sa couleur à la nature luxuriante qui la compose, arrosée par les nombreux cours d'eau qui couvrent ce territoire. Le Périgord vert est vallonné. Il est parsemé de petites prairie et de belles forêts ; Une nature préservée qui offre un charme très authentique. Pour clôre le dernier chapitre de cette randonnée itinérante, ce sont les Charentes et tout leurs patrimoines culturels terroir du Pineau du Cognac, saintonge romane, ostréiculture, ... et naturels vallée de la Tardoire, coteaux péri-angoumoisins, vallée de la Charente, marais et littoral qui se révèlent. Ce sont d'ailleurs les pieds dans le sable que cette fabuleuse aventure se termine, nichée au cœur de la ville de Royan. Son architecture 50's, ses quartiers Belle Époque, son port de plaisance et son marché couvert sont une invitation à se perdre dans ses rues et flaner au gré des rencontres que l'on y fait. Infos pratiques Longueur GR 4 ► de Grasse à Royan 1 531 kilomètres. Topoguides Trois topoguides recensent l'itinéraire du GR 4 Retrouvez-les tous dans notre boutique en ligne ! Commander Les départements traversés 06 - Alpes-Maritimes 04 - Alpes-de-Haute-Provence 84 - Vaucluse 30 - Gard 07 - Ardèche 48 - Lozère 15 - Cantal 63 - Puy-de-Dôme 23 - Creuse 87 - Haute-Vienne 24 - Dordogne 16 - Charente 17 - Charente-Maritime Adresses utiles FFRandonnée Centre d'Information - 01 44 89 93 90 - info FFRandonnée Alpes-Maritimes - 09 51 05 19 23 - alpes-maritimes FFRandonnée Alpes-de-Haute-Provence - 04 92 31 20 81 - alpes-de-haute-provence FFRandonnée Vaucluse - 04 26 03 17 25 - vaucluse FFRandonnée Gard - 04 66 74 08 15 - gard FFRandonnée Ardèche - ardeche FFRandonnée Lozère - lozere FFRandonnée Cantal - 06 72 75 42 72 - cantal FFRandonnée Puy-de-Döme - 04 73 91 94 01 - puy-de-dome FFRandonnée Creuse - 05 55 89 22 63 - creuse FFRandonnée Haute-Vienne - 05 55 10 93 87 - haute-vienne FFRandonnée Dordogne - 05 53 53 71 46 - dordogne FFRandonnée Charente - 05 45 38 94 48 - charente FFRandonnée Charente-Maritime - charente-maritime
Ledétroit de Gibraltar, qui sépare l'Europe et l'Afrique, situé entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique ; Le pas de Calais (Strait of Dover ou Dover Strait pour les anglophones) est le détroit qui marque la limite entre la Manche et la mer du Nord, et sépare la Grande-Bretagne (ville de Douvres) de la France (ville de Calais) ; Le détroit de Béring, qui sépare l'Asie de l
Les eaux tranquilles de la Méditerranée couvrent les cicatrices d'un passé tumultueux. Des chercheurs exhument peu à peu des indices gravés dans les fonds marins, qui attestent que cette mer a connu, à une époque lointaine, une des pires inondations de l'histoire de la planète. Les explications de Marc-André Gutscher, un géologue qui a participé à la découverte de cette catastrophe survenue il y a plus de cinq millions d' vous intéressera aussi [EN VIDÉO] La posidonie, indispensable à la vie marine méditerranéenne La posidonie n’est pas une algue mais une plante à fleurs, retournée au milieu aquatique comme l'ont fait les cétacés. Elle pousse notamment en Méditerranée où elle est de plus en plus menacée. La voici en vidéo, capturée par Sandrine Ruitton, maître de conférences au MIO Institut Méditerranéen d'Océanologie. La Méditerranée asséchée. De vastes étendues, autrefois sous l'eau, exposées à l'air libre entre des lacs hypersalés similaires à la mer Morte. Aussi difficile à concevoir qu'elle soit, cette vision était pourtant bien réelle si l'on remonte quelque six millions d'années en la toute fin du Miocène, durant le Messinien, Mare Nostrum était en effet le théâtre du bouleversement géologique le plus violent depuis la crise du Crétacé-Tertiaire. L'évènement, appelé crise de salinité messinienne, a provoqué l'évaporation massive de la Méditerranée suite à la fermeture d'un passage au nord du Maroc l'actuel détroit de Gibraltar, rompant la connexion entre la mer et l'océan outre, le seuil entre la Sicile et la Tunisie a émergé, créant un rebord naturel séparant la Méditerranée en deux bassins, ouest et est. Les géologues pensent que le niveau marin a baissé d'au moins quelques centaines de mètres, voire jusqu'à m, du côté occidental, et de m du côté oriental, » précise à Futura Marc-André Gutscher, directeur du Laboratoire Géosciences Océan LGO, attaché à l'université de Brest et au CNRS.“La Méditerranée s'est remplie en moins de deux la Méditerranée a-t-elle retrouvée le visage qu'on lui connaît aujourd'hui ? Une inondation digne d'un film catastrophe, que les Anglophones n'hésitent pas à qualifier de méga-inondation », aurait mis fin à la crise messinienne voilà 5,2 millions d'années, au tout début du détroit de Gibraltar s'est formé, laissant les eaux de l'océan Atlantique reconquérir la Méditerranée, en commençant par le bassin occidental avant de combler le bassin oriental lorsque le niveau marin a dépassé le seuil de Sicile. L'inondation était d'une telle violence qu'il aurait suffi de deux ans à peine pour remplir entièrement la y a six millions d’années, la mer Méditerranée s’est retrouvée isolée de l’océan Atlantique et s’est partiellement asséchée c’est la crise de salinité messinienne. Pour expliquer la fin de la crise, les chercheurs avancent l’hypothèse d’une inondation gigantesque via le détroit de Gibraltar. Elle aurait rempli le bassin ouest, jusqu’à atteindre le seuil de Sicile. Dans un second temps, l'eau se serait déverser dans le bassin oriental en une cascade de 1,5 km de haut. Celle-ci a creusé un immense canyon sur son passage et a entraîné des sédiments, qui se sont déposés en contrebas tache rouge dans l’animation. © University of Malta, YouTubeUn canyon sculpté par la force de l'eauPour reconstruire ce scénario, les chercheurs sont en quête d'indices témoignant du passage des flots. Et justement, une équipe internationale, dirigée par Aaron Micallef et Angelo Camerlenghi, de l'université de Malte et de l'Institut national d'océanographie et de géophysique expérimentale de Trieste Italie, décrivent dans un article, paru dans le journal Scientific Reports, un étrange dépôt de sédiments découvert au large de la Sicile. Il repose contre l'escarpement de Malte, une immense falaise découverte est le premier élément de preuve directe du remplissage du bassin oriental, révèle Marc-André Gutscher, co-auteur de l'étude. Ce qui est frappant, c'est qu'on l'a retrouvé au pied d'un canyon, le canyon de Noto, qui a une forme particulière en J. C'est un canyon monstrueux, d'une vingtaine de kilomètres de long et de 6 km de large, extrêmement profond et en calcaire, une roche dure. Pour l'éroder ainsi jusqu'à des pentes de 70°, il faut énormément de violence ». Ce canyon a été creusé par des chutes, comme les chutes du Niagara, mais en beaucoup plus violent, » poursuit le chercheur. Et en beaucoup plus grand également la cascade responsable de l'inondation du bassin méditerranéen oriental aurait mesuré 1,5 km de hauteur. En passant, les flots auraient raclé les sédiments des fonds marins, qui se sont déposés en aval, de l'autre côté de l' dépôt de sédiments immense et chaotique au pied d’une falaiseLe dépôt de sédiments dépeint par les chercheurs est bordé sur son côté occidental par l'escarpement de Malte. Il couvre une surface comparable à la Crète, avec 160 km de longueur sur 95 km de large. Il mesure entre 400 et 800 m d'épaisseur et celle-ci diminue plus on s'avance vers l'est, c'est-à-dire plus on s'éloigne de la unité 2, le dépôt, aujourd'hui enterré sous le sol marin, est pris en sandwich entre deux strates sédimentaires bien identifiées il se situe au-dessous des sédiments datés du Pliocène-Quaternaire unité 1, période géologique qui suit le Messinien, et au-dessus d'une importante couche de sels caractéristique de la crise messinienne unité 3. Effectivement, l'évaporation de la mer Méditerranée s'est accompagnée de la formation de dépôts de sels, appelés évaporites, sur 500 m à 1 km d' Gutscher a repéré l'unité 2 lors d'une campagne d'imagerie sismique effectuée en 2013, à bord du Suroît, un navire de recherche océanographique de l'Ifremer. On a pu voir sur de nombreux profils sismiques une couche d'apparence chaotique, d'assez grande taille, relate-t-il, qui a plus l'air d'un gros tas de riz que d'un annuaire téléphonique. » Plutôt que de voir des feuillets [correspondant aux différentes strates sédimentaires qui se déposent normalement l'une au-dessus de l'autre, NDLR], on ne voit pas grand-chose. Il n'y a pas de couche bien horizontale, bien régulière, donc pas de réflexion sismique. C'est par l'étendue et l'épaisseur de cette zone transparente que l'on a créé la figure du dépôt. »Pour la publication de 2018, ses collègues ont mobilisé un jeu de données plus grand, soit une vingtaine de profils sismiques, sur lesquels on retrouve la signature chaotique de ce dépôt, » précise Marc-André Gutscher. En complément de la campagne de 2013, les chercheurs ont eu recours à d'anciennes données italiennes et ont obtenu d'autres profils lors de campagnes allemande et italienne, réalisées à bord de l'OGS Explora et du Meteor, entre 2011 et travaux n'en resteront certainement pas là. Il est fort probable qu'on essaie de cibler ce dépôt dans les prochains projets de forage », poursuit Marc-André Gutscher, car c'est un témoin clé de l'inondation de la Méditerranée orientale. On pourrait voir à l'intérieur du dépôt quelles sont les roches, quelle est leur provenance, s'agit-il de morceaux de calcaire comme en Sicile ? »D'autres marqueurs de l'inondation, terrestres cette fois, s'observent effectivement en Sicile. Ainsi, des conglomérats de roches calcaire semblent montrer que quelque chose est passé par là, a arraché du calcaire et a formé ces blocs, » explique le chercheur. Enfin, si d'aventure des microfossiles étaient enfouis dans le dépôt de sédiments, cela permettrait de mieux dater la période de la remise en eau de la que s'est-il passé du côté de la Méditerranée occidentale ? Un tel dépôt chaotique ne semble pas exister, ou en tout cas pas à proximité, du détroit de Gibraltar, » indique Marc-André Gutscher, qui précise que des études précédentes ont toutefois permis d'identifier un grand canyon dans la qu'il faut retenirDes chercheurs ont ausculté par imagerie sismique un vaste dépôt de sédiments, d’apparence chaotique, situé au pied d’une falaise sous-marine appelée l'escarpement de dépôt témoigne d’une inondation catastrophique datant du début du Pliocène qui aurait rempli la Méditerranée, alors partiellement flots de l’Atlantique se sont déversés en premier dans le bassin occidental, avant de submerger le relief au niveau de l’escarpement de Malte et de se jeter en une cascade de 1,5 km de haut dans le bassin oriental, creusant au passage un immense par ce que vous venez de lire ? Ily a une relation organique entre la Turquie et l’UE. La Turquie a fait sa demande d’adhésion en 1987, même si le processus a été suspendu en mars 2019, sur fond de
Nathalie Moreau Nathalie Moreau Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets. Gilles Chiorri Gilles Chiorri Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro directeur de course, la Volvo Ocean Race team manager. Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans. Sophie Savant Ros Sophie Savant Ros Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des Bloc Marine » et du site Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les Guides Escales » de Figaro Nautisme. François Tregouet François Tregouet Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme. Albert Brel Albert Brel Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux Charlotte Lacroix Charlotte Lacroix Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur. Max Billac Max Billac Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement Denis Chabassière Denis Chabassière Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar … Michel Ulrich Michel Ulrich Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun. Eric Mas Eric Mas Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50. METEO CONSULT METEO CONSULT METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Voicitoutes les réponses de la Grille 5 du Groupe 8 de Codycross Planete terre. Contenu. Le chef d’un navire. Quartz violet. Maillot de corps sans manches. Denis __ présentateur de Koh Lanta. Détroit réunissant l’Atlantique à la Méditerranée. Ossature du
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Lasérie d’articles sur le récit de la vie et des voyages des voyageurs arabes vise à donner une image de l’Orient médiéval narrée par ses auteurs qui ont arpenté les villes et les endroits reculés de leur temps. A travers leurs lignes, la topographie et les particularités des lieux autant que les coutumes et les usages de leurs habitants prendront corps dans nos esprits et

Via le détroit de Gibraltar, les grands dauphins ont investi la Grande Bleue, il y a seulement ans, date à laquelle la mer est devenue pour eux un habitat favorable. De nos jours, les populations de ces cétacés continuent d'évoluer au sein de cet écosystème la dernière fonte glaciaire, la Méditerranée, moins salée, a attiré des poissons et bien d'autres espèces. En provenance de l'Atlantique, les grands dauphins ont rapidement suivi. © Quintanarroense82, Wikimedia Commons, domaine public Cela vous intéressera aussiIl aura fallu attendre la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ ans, pour que les grands dauphins Tursiops truncatus en provenance de l'Atlantique investissent la Méditerranée, rapporte une étude parue dans le journal Evolutionary Biology. Jusqu'alors inhospitalière, la mer voit, après la fonte des glaces, sa concentration en sel diminuer et les populations de poissons et autres proies augmenter, autant d'attraits pour les cétacés de l'océan arriver à cette conclusion, une équipe de chercheurs a génétiquement comparé avec ceux d'individus originaires de l'Atlantique Nord des échantillons de tissus prélevés sur 194 individus de cinq zones méditerranéennes, à savoir les mers Tyrrhénienne, Ionienne, Adriatique, Égée et le bassin Levantin. En comparant nos résultats avec les données génétiques provenant d'études antérieures sur le grand dauphin de l'océan Atlantique, nous avons conclu que les dauphins dans l'Atlantique Nord, la Méditerranée et la mer du Nord sont susceptibles de représenter une seule métapopulation », relate André Moura, co-auteur de l'article et chercheur à l'université de Lincoln, au conservation de l'espèce doit porter davantage sur son habitatComment se sont depuis distribuées les populations de grands dauphins dans leur récent » habitat, la Méditerranée ? Il semble qu'au fil du temps, elles se soient génétiquement structurées selon les zones occupées et même subdivisées au sein de la mer Adriatique et du bassin Levantin. En outre, certains groupes préfèrent vivre dans des zones côtières et d'autres plus au large, en zone autant, des grands dauphins vivant dans les eaux profondes sont plus susceptibles de rejoindre les populations côtières si le biotope dispose de suffisamment de ressources pour les accueillir ou si les dauphins côtiers sont amenés à disparaître, en raison de surpêche ou de pollution, par exemple. Mais dans ce dernier cas, les nouveaux colonisateurs sont alors eux-mêmes potentiellement menacés. La mort possible de ces populations fait craindre la perte d'une partie de la diversité génétique des grands dauphins, ce qui représenterait un danger pour la survie de l'espèce les auteurs de l'étude scientifique, les efforts de préservation doivent par conséquent se concentrer davantage sur l'environnement marin que sur l'espèce de cétacé concernée. Plus globalement, ces découvertes font avancer la compréhension et la conservation de la biodiversité méditerranéenne, l'une des plus riches du par ce que vous venez de lire ? EtienneBourgois a vécu sa décisive rencontre en 2003, l'année de ses 43 ans. La scène a lieu dans la baie de Narragansett, à Rhode Island (Etats-Unis). Ce jour-là, Chers fans de CodyCross Mots Croisés bienvenue sur notre site Vous trouverez la réponse à la question Détroit reliant la Méditerranée à l’Atlantique . Cliquez sur le niveau requis dans la liste de cette page et nous n’ouvrirons ici que les réponses correctes à CodyCross À La Ferme. Téléchargez ce jeu sur votre smartphone et faites exploser votre cerveau. Cette page de réponses vous aidera à passer le niveau nécessaire rapidement à tout moment. Ci-dessous vous trouvez la réponse pour Détroit reliant la Méditerranée à l’Atlantique Détroit reliant la Méditerranée à l’Atlantique Solution GIBRALTAR Les autres questions que vous pouvez trouver ici CodyCross À La Ferme Groupe 476 Grille 1 Solution et Réponse. Dessinéessur parchemin, sillonnées de lignes en étoile évoquant les directions de la boussole et représentant la succession des ports et des mouillages le long des rivages, ces cartes accompagnèrent les navigations européennes et l’exploration du monde jusqu’au XVIIIe siècle. Instruments de navigation utilisés à bord des bateaux, elles furent aussi produites sous

Annoter ce chapitre Comment annoter ? Deux types d'annotations sont disponibles sur OpenEdition Books Les annotations libres elles font office de système de commentaire ou de notes personnelles. Les évaluations ouvertes par les pairs publiques et produites dans le cadre d'une expérimentation lancée de février à juin 2019 sur une dizaine de titres. Pour en savoir plus, consulter la liste des ouvrages participants et les règles de bonne conduite. Où annoter ? Plusieurs groupes d'annotation ont été créés. Une fois connecté dans merci de vérifier dans le menu déroulant que vous annotez dans le bon groupe et consultez notre guide utilisateur. Dans le cadre de l'expérimentation utiliser le groupe "OPR" de l'éditeur de la publication. Hors expérimentation utiliser le groupe "Public". Toponymie et iconographie Emmanuelle Vagnon Texte intégral 1 La bibliographie sur les portulans et les cartes marines médiévales a été notablement ... 1Les cartes marines, que l’on appelle aussi parfois des cartes portulans, sont emblématiques de l’expansion maritime européenne. Dessinées sur des pièces de parchemin et parcourues par des lignes en étoile, elles sont élaborées et communément utilisées à partir des xiie et xiiie siècles en Occident. D’abord centrées sur le bassin méditerranéen et la mer Noire, elles s’étendent ensuite à d’autres espaces maritimes au xvie siècle1. 2Le détroit de Gibraltar, seuil d’une mer presque close, ouverture vers le grand large, est un des éléments structurants de ces cartes, dès l’origine, aussi bien sur le plan de la construction cartographique que sur le plan de la mise en scène géopolitique de l’espace. À vrai dire, ce passage entre deux mondes maritimes, perçu depuis l’Antiquité comme une porte, est en lui-même formé de plusieurs limites qui créent un espace en soi, structuré par des promontoires et des golfes. À l’ouest, du côté de l’océan Atlantique, le détroit est délimité par le cap Trafalgar, en Espagne, et le cap Spartel au Maroc, séparés par environ 45 km ; à l’est, du côté de la Méditerranée, se font face deux pointes, l’une en Europe le rocher de Gibraltar, l’autre près de Ceuta en Afrique Punta Almina, distantes d’une vingtaine de kilomètres. Le tout forme une sorte de quadrilatère irrégulier. Au nord-ouest, le détroit débouche dans le golfe de Cadix, qui s’ouvre largement sur l’Atlantique, tandis qu’au nord-est, le golfe d’Algésiras sépare Tarifa de Gibraltar. Au sud, sur la côte marocaine, la baie de Tanger s’ouvre entre le cap Spartel et Ceuta. 2 Fidence de Padoue, Liber de recuperatione Terrae Sanctae, Paris, BnF, latin 7242, ... 3Au Moyen Âge, le détroit, dit de Gadès, d’Hercule ou du Maroc strictum Marochie2, est déjà une voie de passage fréquentée par les bateaux de guerre et les navires de commerce. En tant que porte de la Méditerranée et perçu comme une frontière, le détroit reçoit une attention particulière de la part des cartographes. Nous verrons que le dessin des cartes marines médiévales repose en grande partie sur la détermination de l’axe de la mer Méditerranée de Gibraltar à Alexandrie. D’autre part, la toponymie et les conditions de navigation sont observées et rendues avec soin, dans les textes des portulans comme sur les cartes, et les références à l’Antiquité sont effacées au profit d’un glossaire nautique mêlant latin, arabe et langues romanes. Nous examinerons ces deux aspects en analysant enfin quelques exemples de la représentation politisée du détroit, du xve au xvie siècle. Le détroit dans la structuration des cartes de la Méditerranée Nom dans les sources et détermination de sa forme et de ses limites 3 Le détroit ouvre sur l’océan circulaire sur de nombreuses mappemondes médi ... 4Une première remarque concerne le nom même du détroit de Gibraltar sur les cartes marines. Contrairement aux mappemondes schématiques du Moyen Âge où le détroit est clairement représenté et nommé, suivant cela une tradition de l’Antiquité tardive liée à la glose des auteurs classiques, les portulans et les cartes marines médiévales ne soulignent pas nécessairement la valeur symbolique de ce seuil3. Le passage maritime entre la Méditerranée et l’océan Atlantique est certes représenté sur la plupart des cartes marines médiévales, mais il ne reçoit pas de nom particulier. En revanche, la toponymie locale est particulièrement détaillée, et selon l’échelle et le cadrage de la carte, le cartographe accorde une place plus ou moins grande aux rivages qui entourent le passage à l’est ou à l’ouest. 4 Pujades i Bataller, 2013, pp. 17-25. 5 Berlin, Staatsbibliothek, Hamilton 396. Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, ainsi q ... 5On a longtemps considéré la carte pisane comme la plus ancienne carte portulan connue, et de là, comme l’archétype des cartes marines qui devaient circuler en Méditerranée occidentale à la fin du xiiie siècle4. Cette carte a la particularité d’être strictement limitée au bassin méditerranéen et à la mer Noire cette dernière étant presque effacée à cause du mauvais état du document. Le détroit de Gibraltar est, de la sorte, dessiné à l’une des extrémités du parchemin, et le dessin de la côte s’arrête peu après vers l’ouest. Par ailleurs, le Compasso da navigare, ce portulan dont le plus ancien manuscrit date de 1296, décrit les rivages de la Méditerranée en commençant par le cap Saint-Vincent en portugais cabo de São Vicente, dans la municipalité portugaise de Sagres, dans l’Algarve5. Ce cap est le point le plus au sud-ouest de l’Europe, l’un des lieux considérés au Moyen Âge comme l’extrémité de l’Europe occidentale. Le portulan, qui énumère les toponymes de proche en proche dans le sens des aiguilles d’une montre, propose un parcours tout autour de la Méditerranée et s’achève à l’ouest près de son point de départ, mais sur la rive africaine, au-delà de Ceuta. 6 Campbell, 1987 et Pujades i Bataller, 2007. Voir également le recensement des cartes s ... 7 Gabriel de Vallseca, Majorque, 1447, BnF, CPL GE C-4607 RES ; Gabriel de Vallseca, 1 ... 8 Bouloux, 2002, pp. 249-254. 6Le recensement des cartes marines médiévales commencé dans les années 1980, les recueils illustrés et, désormais, les archives numérisées des bibliothèques permettent de consulter rapidement un bon nombre de reproductions de cartes marines médiévales6. On constate que la grande majorité des cartes marines de la mer Méditerranée donnent à voir le détroit de Gibraltar, au moins jusqu’à son embouchure occidentale. Celles qui s’arrêtent à cet endroit sont finalement plutôt rares c’est le cas de la carte pisane et de certaines cartes de Gabriel de Vallseca, par exemple7. Les cartes marines de l’école catalane Dulcert/Dalorto, l’Atlas catalan, Soleri, Mecia de Viladestes sont au contraire largement ouvertes vers l’Atlantique, de manière à représenter également les îles océaniques et la côte africaine. La limite occidentale du monde connu n’est certainement pas le détroit de Gibraltar, mais plutôt les îles Canaries, colonisées depuis le xive siècle et identifiées aux îles Fortunées antiques8. Plus loin dans l’Atlantique, des îles inconnues sont également représentées et parfois nommées, invitation, par anticipation, aux voyages maritimes et aux explorations futures. 9 Grazioso Benincasa, 1466. Atlas de la Méditerranée et Atlantiq ... 7L’étude de la composition d’un atlas de cartes marines de Grazioso Benincasa, typique de la production vénitienne de la deuxième moitié du xve siècle, permet de comprendre à quel point le détroit de Gibraltar est important dans la perception et l’organisation de l’espace méditerranéen9 fig. 1. Le cartographe a choisi de réunir des cartes de portions de la Méditerranée avec des orientations et des échelles différentes. Sur cinq cartes, trois représentent le détroit ; elles sont orientées soit vers l’ouest ce qui facilite la lecture des toponymes européens et porte le regard vers l’Atlantique, soit vers le nord quand il s’agit d’illustrer la progression des connaissances géographiques le long de la côte africaine dans les années 1470. Fig. 1. — Détail du détroit de Gibraltar, Grazioso Benincasa, Atlas de la Méditerranée et de l’Atlantique, 1466, feuille 3, Méditerranée occidentale », Paris, BnF, CPL GE DD-2779 RES 10 Astengo, 2007. 8À la suite de ces atlas de la fin du xve siècle, au fur et à mesure de l’expansion océanique européenne, l’échelle des cartes marines étendues, jusqu’à devenir des planisphères, se réduit ; et de même, très souvent, le degré de détail et le nombre des toponymes sont limités à quelques-uns. Le détroit reste néanmoins important et tient la comparaison avec d’autres grands passages stratégiques du monde le cap de Bonne-Espérance, le détroit de Magellan, le détroit de la Sonde. En parallèle, il existe également au xvie siècle des cartes marines régionales très détaillées et des écoles cartographiques méditerranéennes qui continuent à mettre en valeur le détroit comme passage vers les autres parties du globe10. L’axe Gibraltar-Alexandrie 11 Id., 2005, p. 24. 9Le détroit de Gibraltar est structurant, non pas seulement parce qu’il limite la mer Méditerranée et ouvre vers l’océan, mais aussi parce qu’il participe à la composition des cartes marines, reconnaissables à ces lignes de vents qui rayonnent à partir de points géométriques. Plusieurs tentatives ont été faites pour identifier le mode de construction de ces cartes les lignes viendraient-elles avant ou après le dessin des côtes11 ? Le cartographe recopie souvent des modèles avec un système de calques ou à main levée et adapte l’échelle de la carte à la taille du parchemin disponible. Mise à part une hypothétique utilisation en mer de ces lignes de vents pour orienter le navire ou calculer des distances, le canevas, me semble-t-il, sert surtout à centrer le dessin cartographique sur des régions jugées importantes et à situer les régions les unes par rapport aux autres en fonction de la rose des vents. 12 Id., 1995 et 2005, p. 29. 10De ce strict point de vue graphique, la place du détroit de Gibraltar par rapport à ce réseau de lignes des vents revêt une importance particulière. En effet, les cartes portulans présentent une torsion de l’axe de la Méditerranée d’environ dix degrés vers le nord. De la sorte, le détroit est représenté à la même latitude qu’Alexandrie, alors qu’il est en réalité à la latitude de Chypre. Cette construction cartographique s’observe sur les plus anciens exemplaires conservés et se maintient très longtemps pendant le xvie siècle, comme une tradition de représentation propre à ce genre cartographique. L’explication donnée habituellement est que les cartographes se servent du nord magnétique, indiqué par la boussole, comme nord de référence de la carte. La différence d’une dizaine de degrés entre le pôle et le nord magnétique provoque cette distorsion, due non pas à une erreur, mais à une référence et à un système de construction différents de celui des cartes actuelles, qui ont le pôle Nord comme référent et utilisent la projection de Mercator12. 13 Petrus Vesconte, Gênes, 1313, BnF, CPL GE DD-687 RES Recueil de six ca ... 11Certaines cartes marines médiévales, mais elles sont rares, montrent la ligne ouest-est passant par le détroit Vesconte, 1313 il s’agit de l’une des lignes de construction et cela n’est possible que parce que le point d’intersection de lignes de vents ou point nodal se trouve dans l’axe du détroit. Quelques cartographes soulignent l’importance du détroit en le choisissant comme le centre d’un réseau de lignes, mais ce n’est pas systématique13. Le détroit de Gibraltar pour les navires de l’Atlantique 12Un autre aspect du caractère structurant du détroit de Gibraltar pour la cartographie est la symétrie opérée fréquemment dans les sources avec les détroits de la mer Noire, à l’autre extrémité de la Méditerranée. Les commentateurs médiévaux n’ont pas manqué de relever les points communs entre ces deux portes maritimes, caractérisées par des promontoires rocheux face à face, et séparant deux continents. Un passage du portulan intitulé le De viis maris souligne ainsi 14 De viis maris, éd. de Gautier Dalché, p. 194 Quia sciendum est quod du ... Il faut savoir qu’il existe deux entrées dans la mer Méditerranée, dont l’une est au détroit d’Afrique, l’autre près de Constantinople et s’appelle le bras Saint-Georges. Or pour ceux qui veulent aller par mer en Terre de promission, il convient d’entrer par le premier de ces accès et de passer par les ports qui se trouvent entre les deux14. 13Le rédacteur du De viis maris, selon l’analyse de P. Gautier Dalché, est un clerc anglais accompagnant la troisième croisade Roger de Howden au xiie siècle. Selon son point de vue, qui était celui des croisés anglais et avant eux celui des aventuriers normands du xie siècle, le chemin vers la Terre sainte passait nécessairement par le détroit de Gibraltar ; puis on gagnait le Proche-Orient par cabotage d’ouest en est, comme si Gibraltar et Constantinople étaient situées à peu près sur une même ligne reliée par des étapes maritimes. Il s’agit là exactement de la logique de composition du portulan, tel qu’il est rédigé dans la suite du document. L’auteur ou plutôt le compilateur n’envisage à aucun moment une traversée en droiture, mais la représentation de la Méditerranée qui ressort de ce passage est celle d’un axe maritime borné à l’ouest par le détroit de Gibraltar, à l’est par le Bosphore. 14Le détroit de Gibraltar est non seulement l’entrée de la Méditerranée pour les navires de guerre, mais aussi le passage obligé de galées méditerranéennes qui alimentent le marché de la mer du Nord à l’aller et au retour. Cette route des Flandres rendue évidente sur une carte de navigation, est évoquée ainsi au cours d’un procès au sujet du paiement d’une taxe due pour le passage entre l’île d’Ibiza et la côte ibérique. Le document est un ensemble de pièces relatives au contentieux entre Giovanni Rosso, un Vénitien propriétaire d’un bateau amarré au port de Portopin et qui revient de Flandre, et le collecteur de la lleuda taxe de fret à Tortosa, en 1418. Afin de prouver que la taxe ne les concerne pas, le juriste Arnaud de Mure et le consul vénitien de Majorque, Nicolas de Pax, présentent à la cour de justice une carte nautique. À l’aide d’un compas, ils montrent sur la carte le trajet suivi à l’aller par le navire pour se rendre en mer du Nord par le détroit de Gibraltar ; le navire est passé très loin au sud de Majorque et ne peut donc pas être soumis à la taxe de Tortosa. 15 Aujourd’hui Portopi, quartier du port à Palma de Majorque. 16 Palma de Majorque, Arxiu del Regne de Mallorca, A. J. 474, fo 129ro-vo Cumque posi ... Une fois posé le fait que ladite nef maintenant amarrée devant le port de Portopin15, doit aller et naviguer vers les parties de Flandres, c’est-à-dire les parties du ponant, elle peut naviguer en mer à distance du dit détroit desdites îles et de la terre de Catalogne. Le vénérable Arnaud, pour prouver ce qu’il disait, désigna sur une carte de navigation, qu’il montra ici et déploya, et signala avec un compas, l’arrivée par la mer de Provence et le parcours par mer de ladite nef16. 15Ce texte démontre à quel point la carte marine était jugée fiable, puisqu’elle sert de preuve dans un procès. Il rappelle également le rôle des cartes comme moyen de repérage et comme enregistrement, et sans doute enseignement des routes commerciales. Les deux rives du détroit Étude de la toponymie l’aide des portulans textuels 16L’étude détaillée de la toponymie du détroit sur les cartes marines révèle la densité des noms et le soin apporté au dessin de la côte, en particulier les promontoires, dont les contours sont agrandis par rapport à l’échelle de la carte. En parallèle, les portulans textuels aident au déchiffrage de ces noms de lieu. On constate que certains toponymes cités, soit dans les portulans soit sur les cartes, ne sont pas des ports de mer. Par exemple, Séville et Cordoue sont mentionnées et représentées comme s’il s’agissait des étapes de cet itinéraire de cabotage ; mais elles sont en fait mentionnées en tant qu’escales obligatoires pour le commerce. L’auteur du De viis maris est particulièrement sensible à cet arrière-plan des capitales régionales, qu’elles soient ou non au bord de la mer 17 De viis maris, § 4 Deinde in eadem terra Sarracenica est bonus portus Sibille qui ... Ensuite, dans cette même terre des Sarrazins il y a le bon port de Séville, qu’on appelle Godelkivir ou Udelkebir. En remontant ce fleuve on va à la cité de Cordoue, dans laquelle est né Lucain17. 18 Villaverde Vega, 2001, carte p. 196. 19 De viis maris, § 6 Et est sciendum quod ex utraque parte districtarum Affrice est ... 20 Ibid., voir le commentaire prudent de Gautier Dalché dans son édition, p. 266 Beck ... 17Elles sont plus ou moins mises en valeur sur les cartes marines, avec une attention portée à la situation d’hinterland au fond d’un estuaire ou sur une colline, et parfois signalées par des vignettes urbaines. Les toponymes fournis par le rédacteur du De viis maris mélangent quelques références antiques Calpes », Athlas » viennent probablement de la Pharsale de Lucain, cité précédemment avec des noms vernaculaires retranscrits phonétiquement, où se mélangent le latin et l’arabe. P. Gautier Dalché, dans son édition, ne les a pas tous commentés ; nous proposons ici quelques identifications par recoupement avec d’autres sources18 Sparte » pour le cap Spartel, Tange », Cacerium » pour l’Alcazar, Muee » ailleurs Mucemuthe, Mulemuda, Monzema pour Qaṣr Masmūda aujourd’hui Qaṣr al-Saġir, Scep » pour Ceuta, Boloo » pour le cap Belona ou Belyounech, et Ieziratarif », mot réunissant Algésiras et Tarifa19. Les deux cités et châteaux », nommés Becke et Tele sur la côte espagnole, et Swell » pourraient provenir aussi de la déformation de toponymes arabes20. 21 Voir la notice rédigée par Marie-Pierre Laffitte dans le catalogue [disponible en ... 18L’association matérielle des portulans textuels et des cartes marines est néanmoins relativement rare dans la documentation dont nous disposons. Un manuscrit méconnu de la Bibliothèque nationale de France contient ainsi, de manière exceptionnelle, une traduction librement adaptée en français, datée d’environ 1510, du Compasso da navigare, illustrée de cartes enluminées très fines21 fig. 2a et 2b. L’ouvrage combine les avantages de la description géographique assortie de directions, de chiffres et d’indications nautiques, avec une représentation des contours des côtes et de la position relative des ports et lieux géographiques les uns par rapport aux autres. Comme dans le Compasso da navigare, la description de la Méditerranée commence en Espagne, se déroule d’ouest en est et s’achève au Maroc. Le détroit de Gibraltar est donc décrit d’abord au folio 3 pour la côte espagnole, puis aux folios 68vo-69ro pour la côte africaine. Sur ces cartes encadrées, orientées vers le nord et entourées des directions de la rose des vents, figurent les portions de côtes correspondantes, montrent les rivages face à face et permettent de visualiser les distances relatives d’un port à l’autre. De précieuses indications de distances sont données au début et à la fin du texte entre les deux rives du détroit, ainsi que des aspects du paysage utiles au navigateur île, chenal, montagne ou cap, port, forteresse. 19Ainsi, au début du portulan, consacré à la côte espagnole, les noms de lieux cités et les chiffres correspondent à l’île de Cadix, identifiée avec l’antique Gadès/Gadira, Trafalgar, puis la distance entre Trafalgar et Ceuta Septe qui est du côté d’Afrique », puis Tarifa, le golfe d’Algésiras et le mont de Gibraltar, la distance Gibraltar/Ceuta, puis Estepona et Marbella. De la dicte seche qui est une petite isle a l’isle de Cadis qui anciennement estoit appellee Gadira a XX mile par siroc. En ladite isle a bon port lequel est au-devant de la cite de Gadira laquelle est deffaicte cest assavoir devers tramontane. Et la y a fons de six pas. Et sachez que depuis ledit port iusques a la poincte de lisle devers couchant a fons de VIII piez par canal. Dudit Cadis a Trafigara a XXX mile par siroc. Par-dessus ladicte Trafigara VII mile en mer par libech a une seche et poues passer entre la dicte seche ou la terre ou par dehors comme lon veult. De Trafigara a Septe qui est du couste d’Afrique a LX mile par siroc. De Trafigara a Tariffe a XXX mile par siroc. De Tariffe au chef d’Alzasire du cadre a V mile par levant lisle est par-dessus la ville en mer VII mile et demy et y a bon port de la part de la ville. Et VIII pas de fons du chef de levant a une seche loing du prouis qui se destent devers grec et fait port au devant de ladicte isle. De ladicte isle au mont de Gibelterre a VIII mile par siroc vers levant au devant du chasteau a bon port et fons de VIII pas. Et audit mont vers terre ferme tirant vers Alzasire a V mile ou il y a une gueule de fons plain de VII pas. Et la seurte en est bonne ledit mont se monstre forchu par le devant. Fig. 2a. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 3ro 22 BnF, ms. Français 2794, fo 3ro-vo. Audit mont de Gibelterre a Septe a XXX mile par midy vers siroc. Dudit mont iusques a Stopena a XX mile par grec vers tramontane et en ladicte Stopena y a une seche V mile en mer qui s’apelle Bequarde. De Stopena a Marbelle a XIII mile par grec22. Fig. 2b. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 3vo © Bibliothèque nationale de France 23 Selon Motzo, dans son édition de Il Compasso da navigare, pp. cxxv-cxxvii. La valeur du ... 24 Une approche intéressante de modélisation des parcours maritimes anciens e ... 25 Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, p. 4, n. 1. 20Comme dans le Compasso da navigare, traduit et adapté en français, la description procède de place en place, en donnant la direction d’un lieu à l’autre en fonction de la rose des vents des marins, comportant huit vents » principaux Tramontane, Grec, Levant, Siroc, Midy, Libech, Ponant, Mestral. Ces vents ne sont pas ceux qui soufflent dans les voiles, mais bien les caps vers lesquels doit se diriger le navire. Une reconstitution des distances réelles en kilomètres sur une carte actuelle calculée par le système d’information géographique SIG permet d’évaluer rapidement la cohérence globale de ces distances et de ces orientations, même si dans le détail de nombreuses distorsions apparaissent carte. Si l’on prend la valeur du mille de 1 230 m, admise par B. R. Motzo pour les portulans médiévaux, la distance de traversée entre Trafalgar et Ceuta est remarquablement exacte ; pour les autres mesures, la valeur du mille oscille entre 1,2 et 1,5 km23, avec de nombreuses incohérences. Par exemple, la distance Gibraltar-Ceuta est donnée comme équivalente à Trafalgar-Tarifa. On imagine aisément deux raisons au moins de ces erreurs d’abord la manière de relever les distances, puis les erreurs de transmission de ces données. D’une part, sur de si petites distances, les marges d’erreur sont grandes selon l’endroit exact qui sert à la mesure Gibraltar » désigne-t-il la péninsule ou le rocher à son extrémité ? ; selon que ces distances sont calculées à vol d’oiseau, par visées et triangulations, ou au contraire tiennent compte des aléas du parcours lorsque le navire contourne le rivage24 ; ou encore si ces distances viennent d’observations de terrain ou bien sont calculées d’après une carte, déjà susceptible d’approximations et de déformations. D’autre part, la copie des manuscrits entraîne souvent des erreurs, en particulier lorsqu’il s’agit de recopier des chiffres. Le Compasso da navigare comprend parfois des variantes dans les distances, notées par l’éditeur25. Carte des distances maritimes entre les principaux ports du détroit DAO D. Gherdevich. © Esri, DeLorme, HERE Tableau des directions et des distances entre les ports du détroit de Gibraltar, d’après le ms. Français 2794 Lieux Directions Distances de départ d’arrivée sur la rose des vents actuelles en milles en km 1 mille = 1 230 m navigables en km Cadix Trafalgar Siroc SE 30 36 47 Trafalgar Ceuta Siroc SE 60 73 74 Trafalgar Tarifa Siroc SE 30 36 42 Tarifa Île d’Algésiras ? Levant E 5 6, 15 27 Algésiras Mont de Gibraltar Siroc SE 8 9, 8 9 Mont de Gibraltar Ceuta Midi vers siroc SSE 30 36 25 Mont de Gibraltar Estepona Grec vers tramontane NNE 20 24,6 38 Estepona Marbella Grec NE 13 15,9 25 26 BnF, ms. Français 2794, fo 68vo De Monzema a la cité de Septe a CL mile par ponant ... 27 Cette section est une traduction librement adaptée et enrichie du Liber insularum Arch ... 28 Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, pp. 78-79 Lo compli ... 29 Le manuscrit a été offert à François d’Angoulême, futur François Ier, dont on voit le ... 21Soulignons enfin que le portulan français ne suit pas exactement le texte italien du Compasso da navigare l’original est en effet beaucoup plus précis pour les indications d’orientations et mentionne en outre des bancs de sable et des chiffres de profondeurs. Par ailleurs, la composition du texte n’est pas strictement identique. Dans le portulan français, le tour de la Méditerranée s’achève à Ceuta fig. 3. La description finit par la mention des deux promontoires qui entourent le port de Ceuta la Punta Almina et Belonas » Punta Belona, Belyounech26. Au recto du folio 69, la description reprend pour quelques lignes à partir de l’Espagne, au nord-est de Gibraltar, entre le chef de Paulx » le cap Palo, près de Carthagène et une série de ports du Maghreb Alger, Oran, Tanger. Puis le portulan proprement dit s’achève et le manuscrit s’enchaîne sur une nouvelle section consacrée à la description des îles27. La comparaison entre ce texte français et l’original italien permet de comprendre que le paragraphe sur le cap Palo est un vestige d’une partie entière du Compasso da navigare, un complément » consacré aux traversées en droiture, d’un rivage à l’autre de la Méditerranée28. Le traducteur a ainsi simplifié les informations trop techniques, sans doute parce que le luxueux manuscrit Français 2794 n’est pas un ouvrage destiné à la pratique, mais un atlas géographique d’une bibliothèque de cour29. Une partie de la cohérence de l’œuvre originale en italien y a été perdue. Fig. 3. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 68vo © Bibliothèque nationale de France Une topographie et une hydrographie précises 22Les portulans textuels ne se contentent pas d’énumérer les toponymes côtiers ils fournissent également des informations pertinentes sur les conditions de navigation, particulièrement difficiles dans le détroit de Gibraltar. On trouve fréquemment des indications chiffrées sur les profondeurs il y a fonds de six pas » et sur la localisation des récifs et bancs de sable, appelés secca » ou sèche » dans le Compasso da navigare et sa traduction française. Certains de ces hauts-fonds portent un nom […] à Estepona y a une sèche à cinq milles en mer qui s’appelle Bequarde ». 30 Il est donc possible que la description du courant dans le détroit corresp ... 23Plus rare est la mention des courants dans le détroit. En effet, le courant dominant entraîne les eaux de l’Atlantique d’ouest en est vers la Méditerranée à cause de l’évaporation importante de l’eau de la mer fermée ; mais il existe également un courant en sens inverse, plus profond. Ces courants marins opposés s’y rencontrent, créant des turbulences qui rendent la navigation dangereuse. À cela s’ajoute le phénomène des marées océaniques, perceptibles au moins jusqu’au golfe d’Algésiras, ainsi que des vents violents. Le texte du De viis maris fait remarquer ce phénomène, et cependant souligne le courant inverse, celui qui va de la Méditerranée vers l’Atlantique30. Les vents d’ouest poussent en revanche le bateau vers l’intérieur du passage. Pour éviter les turbulences provoquées par les courants contraires, le navire doit garder son cap sans s’approcher trop du rivage. 31 De viis maris, § 5, p. 195 Et est notandum quod ad introitum districtarum Affrice ... Il faut noter qu’à l’entrée du détroit d’Afrique, le courant est si fort que, si la force du vent n’est pas plus forte encore pour repousser ce courant, celui-ci empêchera l’entrée du navire. Mais lorsque le navire sera entré dans le détroit d’Afrique, il ne déviera ni vers la droite ni vers la gauche, mais devra aller tout droit avec beaucoup de précautions jusqu’à ce qu’il ait parcouru une distance de 10 milles selon l’estimation des marins, et ensuite il doit se diriger vers la gauche par rapport au navire [à bâbord] et tenir son cap près de l’Espagne et les territoires voisins, jusqu’à atteindre Marseille31. 24Les cartes marines localisent les bancs de sable et les hauts-fonds par un système de points rouges et de croix ; c’est une convention déjà présente sur les cartes de Pietro Vesconte au début du xive siècle et elle est conservée pour la cartographie maritime au-delà du xviiie siècle. En revanche, on ne trouve pas d’équivalent graphique des indications concernant les courants et les vents de tels signes apparaissent très tard, avec les chiffres des profondeurs, à la fin du xviie siècle. L’iconographie du détroit une frontière maritime 25Les exemples présentés jusqu’ici soulignent la position du détroit comme seuil maritime entre l’océan et la mer ; mais le passage est également cartographié comme une frontière entre deux espaces terrestres, l’Espagne et le Maroc, et plus largement, deux parties du monde, l’Europe et l’Afrique. Les dimensions historiques, politiques, religieuses de cette frontière, ne sont pas oubliées. Dans le De viis maris, écrit à l’époque des croisades, l’opposition entre deux ensembles géopolitiques affrontés est clairement soulignée 32 Ibid., § 6 Et est sciendum quod ab introitu districtarum Affrice usque ... Et il faut savoir que depuis l’entrée du détroit d’Afrique jusqu’à Ascalon, qui est près de Jérusalem, toute la terre des païens se trouve à la droite du navire [à tribord], et à l’opposé, depuis l’entrée du détroit d’Afrique jusqu’au grand mont appelé Muscian, c’est l’Espagne sarrazine. Et à côté d’elle se trouve la voie de ceux qui vont en pèlerinage en terre de Jérusalem. Et depuis le mont que l’on appelle Muscian jusqu’à Ascalon, à la gauche du navire [à bâbord] presque toute la terre est terre des chrétiens32. 26Du point de vue des paysages représentés sur les cartes les plus ornementales, l’opposition géographique entre l’Europe et l’Afrique est soulignée par quelques vignettes à l’intérieur des terres les pavillons héraldiques, les personnages, les animaux exotiques en Afrique, participent de cette différenciation des rivages européens et africains. Sur certaines cartes, le peintre a représenté quelques montagnes notamment Grenade et fleuves le Guadalquivir, en revanche le mont de Gibraltar, la plupart du temps, n’est pas caractérisé visuellement comme une montagne, mais seulement comme un cap ou promontoire. 33 BnF, ms. Français 2794, f° 2vo ; Il Compasso da navigare, éd. ... 27Dans le manuscrit Français 2794 de la Bibliothèque nationale de France, un portulan à l’iconographie exceptionnelle, le peintre a choisi de représenter le passage en accentuant les promontoires et les golfes décrits dans le texte. Le détroit apparaît ainsi comme une succession de caps séparés par des anses semi-circulaires. Selon la tradition, récifs et îlots sont mis en évidence par des croix et des points rouges autour de l’île de Cadix ; mais les hauts-fonds mentionnés sont loin d’être tous représentés. Le mont de Gibraltar est figuré comme un rocher, surmonté d’une citadelle aux toits pointus et crénelés. Le cap est figuré avec trois pointes, comme une fourche, conformément à la description qui se trouve déjà dans le Compasso da navigare ledit mont se monstre forchu par devant33 ». Les vaguelettes sont plus décoratives que descriptives, mais peuvent à la rigueur évoquer les forts courants maritimes. Le peintre a aussi représenté des navires, l’un au port, l’autre doublant un cap vers la Méditerranée. Par ailleurs, mais de manière pas toujours cohérente, l’enlumineur a pris le parti de figurer différemment les villes chrétiennes de style gothique et les villes de terres musulmanes avec des coupoles et des bulbes. Il adapte en cela une tradition qui remonte aux cartes catalanes du xive siècle. Bien-sûr, même au début du xvie siècle, cette distinction ne recoupe qu’imparfaitement la frontière géographique du détroit, et l’on se souvient que l’Espagne du sud est terre musulmane autour de Grenade jusqu’en 1492. C’est peut-être pour cela que Carthagène, au folio 69, est dessinée avec des toits en coupoles, rappelant l’architecture orientale. 34 La Roncière, Mollat du Jourdin éd., 1984, no 68, ... 28Cette iconographie politisée, avec personnages et étendards, n’est pas limitée aux cartes médiévales ; elle a au contraire tendance à s’accentuer dans la production méditerranéenne très ornementale des xvie et xviie siècles. Les cartes montrent alors les enjeux d’une Reconquista ibérique qui a franchi le détroit vers le sud. Par exemple, l’atlas de Diogo Homem de 1559 montre les bannières de Castille et du Portugal sur la rive africaine à côté d’un étendard au croissant. Au contraire, Giacomo de Maggiolo au xvie siècle oppose terme à terme un Maghreb musulman et ottoman à une Europe très romaine. La mise en scène d’une opposition politique et militaire entre les deux rives est enfin renforcée de manière spectaculaire au xviie siècle sur les cartes de Francesco Oliva le sabre contre l’épée, 1603 et Augustin Roussin 163334. 29Contrairement à d’autres lieux communs de la géographie antique et biblique, l’on constate que le mythe des colonnes d’Hercule ne fait pas partie de l’iconographie des cartes marines médiévales, même ornementales, et qu’il n’est pas évoqué non plus dans les portulans textuels. Si la toponymie romaine est parfois présente Gadès, Calpe, Athlas, l’attention aux noms de lieux en langues vernaculaires est bien plus importante. Il est manifeste que le détroit de Gibraltar a très tôt attiré l’attention des auteurs de recueils d’instructions nautiques et de cartes marines, parce qu’il est le lieu de passage obligé des navires entre l’océan atlantique et la Méditerranée et parce que la navigation y est particulièrement difficile. Cet endroit est conçu d’ailleurs comme un axe structurant des cartes, au même titre que les détroits de la mer Noire à l’autre extrémité de la Méditerranée. La toponymie, les distances, les courants, les ports et les rivages sont décrits avec soin ; les deux rives du détroit orientations des ports en vis-à-vis, distances de traversées sont mises en étroite relation l’une avec l’autre. Comme souvent sur ce type de documents, l’échelle de la carte est par ailleurs légèrement modifiée localement pour permettre d’accentuer les reliefs et les dangers de la navigation ; la forme des promontoires et des golfes est cependant simplifiée, stéréotypée, pour une représentation plus pédagogique que véritablement réaliste des lieux. 30La représentation du rocher de Gibraltar et de sa forteresse, comme dans le beau portulan illustré de la Bibliothèque nationale de France, est exceptionnelle. L’iconographie des cartes, par un jeu de vignettes et d’emblèmes, met le plus souvent l’accent sur la frontière politique et religieuse, toute relative d’ailleurs, que constitue le détroit entre une Europe globalement chrétienne et l’Afrique du Nord musulmane. Les cartes marines méditerranéennes de l’époque moderne, plus volontiers ornementales, reprennent et amplifient ces lieux communs de la cartographie médiévale, à destination d’un public cultivé. Notes 1 La bibliographie sur les portulans et les cartes marines médiévales a été notablement enrichie depuis le catalogue de La Roncière, Mollat du Jourdin éd., 1984. On peut y ajouter Campbell, 1987 ; Gautier Dalché, 1995 ; Pujades i Bataller, 2007 ; Hofmann, Richard, Vagnon éd., 2012 ; Vagnon, Hofmann éd., 2013. 2 Fidence de Padoue, Liber de recuperatione Terrae Sanctae, Paris, BnF, latin 7242, fo 123 situs Marochii ». 3 Le détroit ouvre sur l’océan circulaire sur de nombreuses mappemondes médiévales, en particulier mais pas seulement les mappemondes liées aux commentaires de La Guerre de Jugurtha de Salluste et de la Pharsale de Lucain. Les trois principaux noms antiques mis en valeur sur ces schémas sont Gades, et les deux promontoires Calpe et Athlas. On trouvera de nombreux exemples illustrés dans Destombes éd., Mappemondes, A. D. 1200-1500 ; Chekin, 2006. Sur la glose cartographique des auteurs classiques, voir Gautier Dalché, 1994. 4 Pujades i Bataller, 2013, pp. 17-25. 5 Berlin, Staatsbibliothek, Hamilton 396. Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, ainsi que l’édition revue et commentée par Debanne ; sur les plus anciens exemplaires de portulans, Gautier Dalché, 1995. 6 Campbell, 1987 et Pujades i Bataller, 2007. Voir également le recensement des cartes sur le site internet rédigé par T. Campbell, [disponible en ligne] ; les cartes portulans de la Bibliothèque nationale de France ont été numérisées et sont visibles sur Gallica, [disponible en ligne]. 7 Gabriel de Vallseca, Majorque, 1447, BnF, CPL GE C-4607 RES ; Gabriel de Vallseca, 1449, Archivio di Stato di Firenze, CN 22 ; Pere Rossell, 1449, Karlsruhe, Badische Landesbibliothek, S. 6 Pujades i Bataller, 2007, cartes 47 et 48. 8 Bouloux, 2002, pp. 249-254. 9 Grazioso Benincasa, 1466. Atlas de la Méditerranée et Atlantique, [disponible en ligne]. 10 Astengo, 2007. 11 Id., 2005, p. 24. 12 Id., 1995 et 2005, p. 29. 13 Petrus Vesconte, Gênes, 1313, BnF, CPL GE DD-687 RES Recueil de six cartes, manuscrit enluminé sur vélin, échelles diverses, 48 x 40 cm chacune. D’après les remarques de Pujades i Bataller, 2007, p. 475, cet axe occident-orient principal, qu’il appelle diaphragm line », se situe le plus souvent à la latitude de Barcelone. 14 De viis maris, éd. de Gautier Dalché, p. 194 Quia sciendum est quod duo introitus sunt in mari illo Mediterraneo, quorum unus est ad districtas Affrice, alter apud Constantinopolim qui dicitur brachium Sancti Georgii. Qui autem per mare in terram promissionis ire volunt, per unum istorum aditum vel per portus qui inter illos duos sunt intrare oportet. » 15 Aujourd’hui Portopi, quartier du port à Palma de Majorque. 16 Palma de Majorque, Arxiu del Regne de Mallorca, A. J. 474, fo 129ro-vo Cumque posito quod dicta navis nunc existens ante portum de Portopino habeat accedere et navigare ad partes Flandiarum sive ad partes de ponent, illa poteste navigare per maria distancia a dicto transitu dictarum insularum et terram Catalonie. Fundante hoc dicto venerabili Arnaldo cum quadam carta de navegar ibi hostensa et per eum patefacta, et cum quodam compàs signata designando maria Probencia [sic] » trad. et com. dans Vagnon, 2013, pp. 495-499. 17 De viis maris, § 4 Deinde in eadem terra Sarracenica est bonus portus Sibille qui dicitur Godelkevir, vel Udelkebir. In ascendendo superius per eundem fluvium itur ad Cordebam civitatem in qua Lucanus natus fuit. » 18 Villaverde Vega, 2001, carte p. 196. 19 De viis maris, § 6 Et est sciendum quod ex utraque parte districtarum Affrice est mons magnus, scilicet unus in Hyspania qui dicitur Calpes et alter in Affrica ex opposito qui dicitur Athlas. Et ad introitum districtarum Affrice sunt in Affrica secus mare civitates quarum nomina hec sunt Sparte, Tange, Cacerium, Muee, Boloos, Scep, que est una de nobilissimis civitatibus Affrice. Et in Hyspania, quasi ex opposito, sunt civitates et castella quarum nomina hec sunt Becke et Tele, hec villa est ad introitum districtarum in Hyspania, et Dudemarebait, Ieziratarif, Gezehakarera et Iubaltarie insula mons magnus, Mertell, Swell castellum Maurorum . [§7] Ad pedem insule Iubaltarie sunt due nobiles civitates site quarum una dicitur Alencia et altera Iuballarie et ibi est portus bonus et copia galearum. Et ibi incipit latitudo maris, ita quod vix potest videri ab una ripa in alteram, et quanto plus progreditur, tanto est mare latius. Deinde est castellum in monte situm quod dicitur Turris de Rosture. Preterea in terra regis Cordube sunt Badeluz civitas archiepiscopalis et Granata civitas et alia castella et civitates que non sunt in libro hoc. » 20 Ibid., voir le commentaire prudent de Gautier Dalché dans son édition, p. 266 Becke » pourrait être la rivière Bakka » d’al-Idrīsī wadi Baguh » ou río Salado », Swell castellum Maurorum » pourrait être Sohail », le nom arabe de Fuengirola. 21 Voir la notice rédigée par Marie-Pierre Laffitte dans le catalogue [disponible en ligne], ms. Français 2794 ». Les illustrations sont reproduites dans la base mandragore, [disponible en ligne]. Il existe très peu de bibliographie l’ouvrage a été remarqué ponctuellement pour ses emprunts au Liber insularum Archipelagi de Buondelmonti et pour quelques-unes de ses cartes, voir, par exemple Buondelmonti, Description des îles de l’Archipel, éd. de Legrand, p. xxxiii. Mais le texte est inédit et il n’existe encore aucune étude complète. Une première mise au point sur la composition du manuscrit et le contexte de réalisation dans Vagnon, 2017. 22 BnF, ms. Français 2794, fo 3ro-vo. 23 Selon Motzo, dans son édition de Il Compasso da navigare, pp. cxxv-cxxvii. La valeur du mille romain est de 1 480 m, le mille vulgaire » utilisé par les navigateurs serait de 1 230 m. 24 Une approche intéressante de modélisation des parcours maritimes anciens en prenant en compte les courants et les vents est proposée par Leidwanger, 2013. Je remercie David Gherdevich pour cette référence. 25 Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, p. 4, n. 1. 26 BnF, ms. Français 2794, fo 68vo De Monzema a la cité de Septe a CL mile par ponant vers libech et en ce chemin est golf. Et y est le chef de Capharnolit XL mile loing de Septe par levant. Du chef de Entrefort a Septe a CC mile par ponant vers libech. De Oran a la cité de Septe a CCCC mile par ponant vers libech tierce de vent lessant le golf. Septe est une cité, devers levant y a une montaigne qui s’appelle Myna, et une autre de ponant qui s’appelle Belonas. » 27 Cette section est une traduction librement adaptée et enrichie du Liber insularum Archipelagi de Cristoforo Buondelmonti. Voir Buondelmonti, Description des îles de l’Archipel, éd. de Legrand. 28 Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, pp. 78-79 Lo complimento de volgere tucta la starea. Hor è complimento de vogere tucta la starea de la terra, soè a ssavere, primaramente la Spagna, e Catalogna e Provenza e Principato e Pullia e Scravenia e tucto l’altro mare entro a Saffi. Peleio de Capo de Pali. » 29 Le manuscrit a été offert à François d’Angoulême, futur François Ier, dont on voit le portrait sur le frontispice fo 1. Voir la notice rédigée par Marie-Pierre Laffitte dans le catalogue [disponible en ligne], ms. Français 2794 ». 30 Il est donc possible que la description du courant dans le détroit corresponde au moment du reflux de la marée vers l’Atlantique. 31 De viis maris, § 5, p. 195 Et est notandum quod ad introitum districtarum Affrice est tantus aque impetus quod, nisi vis venti fortior fuerit ad impellendum impetus aque, negabit navi ingressum. Cum autem navis ingressa fuerit districtas Affrice, non declinabit se neque a dextris neque a sinistris, sed in medio ibit tutissima donec preterierit spatium X miliarium ad estimationem nautarum, et tunc declinandum est in sinistra navigii parte et sic tenere cursum iuxta Hyspaniam et terras illi conjunctas, donec perveniatur ad Marsiliam. » 32 Ibid., § 6 Et est sciendum quod ab introitu districtarum Affrice usque ad Scalonam que est prope Iherusalem, tota terra paganorum in dextra parte navigii, et ex opposito ab introitu districtarum Affrice usque ad montem magnum qui dicitur Muscian est Hyspania Sarracenica. Et iuxta illam est via navium euntium in peregrinatione in terram Iherosolimitanam. Et a monte illo qui dicitur Muscian usque ad Scaloniam in sinistra parte navigii secus mare fere tota terra est terra christianorum. » 33 BnF, ms. Français 2794, f° 2vo ; Il Compasso da navigare, éd. de Motzo, p. 4 Lo dicto monte de Gibeltari de tucte parte se mostra forcato. » 34 La Roncière, Mollat du Jourdin éd., 1984, no 68, pp. 245-246 et no 83, pp. 257-258 ; Hofmann, Richard, Vagnon éd., 2012, pp. 19, 22 et 82-83. Table des illustrations Titre Fig. 1. — Détail du détroit de Gibraltar, Grazioso Benincasa, Atlas de la Méditerranée et de l’Atlantique, 1466, feuille 3, Méditerranée occidentale », Paris, BnF, CPL GE DD-2779 RES URL Fichier image/jpeg, 184k Titre Fig. 2a. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 3ro URL Fichier image/jpeg, 101k Titre Fig. 2b. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 3vo Légende © Bibliothèque nationale de France URL Fichier image/jpeg, 128k Titre Carte des distances maritimes entre les principaux ports du détroit Légende DAO D. Gherdevich. © Esri, DeLorme, HERE URL Fichier image/jpeg, 38k Titre Fig. 3. — Description des côtes, des îles et des ports de l’océan Atlantique et de la mer Méditerranée, vers 1500, Paris, BnF, ms. Français 2794, fo 68vo Légende © Bibliothèque nationale de France URL Fichier image/jpeg, 109k Auteur UMR 8589 – LAMOP, Paris Du même auteur Les cartes marines, xive-xviie siècle une appropriation de l’espace maritime in Entre idéel et matériel, Éditions de la Sorbonne, 2018 Le département des Cartes et Plans de la Bibliothèque nationale de France et le programme MeDIan cartographie de l’océan Indien in Parcourir le monde, Publications de l’École nationale des chartes, 2013 L’apport du voyage en Terre sainte au savoir géographique in Le voyage au Moyen Âge, Presses universitaires de Provence, 2017 Tous les textes

Lespremiers raids vikings - 787-794. Le 8 juin793, les vikings attaquent le monastère de LINDISFARNE, Ce mo­nastère fondé en 655 par des moines irlandais, a joué un rôle important dans la christianisation de l'Angleterre.Aussi ce raid soulève-t-il une grande émotion en Europe Occidentale quand le monde chrétien apprend que des païens ont profané le lieu sacré ou Saint
Localisation du détroit de Gibraltar Le détroit de Gibraltar est un bras de mer séparant l'Europe au nord de l'Afrique au sud. Il est situé entre l'Espagne et le Maroc. Il permet le passage maritime entre l'océan Atlantique et la mer Méditerranée à laquelle il appartient. Ses limites occidentales sont le cap Spartel Maroc et le cap Trafalgar Espagne. Ses extrémités orientales sont du côté africain la punta Almina Ceuta, Espagne et côté européen la punta de Europa Gibraltar. C'est un des lieux les plus fréquentés par les navires dans le monde. Dans l'Antiquité, le détroit était appelé Colonnes d'Hercule. Sommaire 1 Géographie du détroit de Gibraltar 2 L'utilisation du détroit de Gibraltar 3 Projet de tunnel 4 Sources, liens 5 Pour compléter sur les détroits Géographie du détroit de Gibraltar[modifier modifier le wikicode] Le détroit de Gibraltar a une largeur minimum de 14,4 km. Sa profondeur moyenne est de 300 m, mais elle atteint 900 m dans la partie la plus étroite. Deux ports importants se trouvent sur ce détroit Algésiras Espagne, premier port méditerranéen, et Tanger, sur la rive marocaine. Le détroit est placé à la limite des plaques tectoniques européenne et africaine. Les plaques se rapprochent d'un centimètre par an. Les séismes sont fréquents. On constate un courant dans les eaux de surface. Celui-ci va de l'océan Atlantique, où les eaux sont plus légères, vers la mer Méditerranée, où les eaux sont plus lourdes du fait de la forte salinité due à l'évaporation importante et à un apport insuffisant d'eaux continentales. La limite entre les eaux atlantiques et méditerranéennes se fait à l'est du détroit. Le détroit de Gibraltar. Photo panoramique prise depuis la côte espagnole, à Tarifa. Dans le fond, la côte marocaine. L'utilisation du détroit de Gibraltar[modifier modifier le wikicode] Les eaux du détroit sont partagées entre l'Espagne, le Royaume-Uni qui possède Gibraltar depuis 1704 et le Maroc. Cependant un accord fait du détroit une voie internationale pour la navigation. Près de 100 000 navires par an circulant de la Méditerranée à l'Atlantique empruntent le détroit près de 300 par jour. C'est un des lieux maritimes les plus fréquentés du monde. Pour faciliter la circulation maritime, il existe un dispositif de séparation du trafic. Le détroit a aussi des liaisons nord-sud par ferry-boats passagers et trafic automobile. C'est un des points importants de l'immigration clandestine de l'Afrique vers l'Europe, le plus souvent à partir de l'enclave espagnole de Ceuta, située au nord-est du Maroc. Projet de tunnel[modifier modifier le wikicode] Profil du détroit de Gibraltar entre l'Andalousie Espagne, à gauche, et le Rif Maroc, à droite. Image de synthèse. Depuis les accords entre l'Espagne et le Maroc en 1980 et 1989, un projet de tunnel ferroviaire sous le détroit travaux exploratoires se sont achevés en 2008. Mais la rentabilité d'un tel tunnel identique à celui sous la Manche est mise en doute, d'autant que le coût des travaux est extrêmement élevé et difficile à financer par le Maroc. Il en est de même pour son utilité on peut augmenter le trafic des ports de Tanger et d'Algésiras. Le risque sismique étant présent, la construction et la sécurité posent aussi des problèmes. Dans sa dernière version 2010, le projet prévoit un tunnel de 42 km, dont 27 km sous la mer, reliant Tanger à Tarifa. Le tunnel serait assez semblable au tunnel sous la Manche deux tubes de circulation ferroviaire et un tube de service, mais il devrait descendre bien plus profondément, à 400 m au-dessous du niveau de la mer1. Sources, liens[modifier modifier le wikicode] ↑ Caractéristiques du tunnel, site du gouvernement marocain Wikipédia wpDétroit de Gibraltar wpTunnel de Gibraltar Pour compléter sur les détroits[modifier modifier le wikicode] Détroit du pas de Calais Détroit de Malacca Détroit de Bering Détroit d'Ormuz

Cetteboucle part de la mer de Chine méridionale, se déploie dans l’océan Indien, remonte par la mer Rouge jusqu’en Méditerranée, passe le détroit de Gibraltar pour remonter en Atlantique Nord, avant d’emprunter la « route du Nord », de Mourmansk au détroit de Béring – sur près de 4000 kilomètres – pour dépasser le Kamtchatka avant de revenir en mer de Chine : la

Arnaud Peyronnet, membre associé FMES de l’Observatoire stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient OS2MO. La Russie s’est montrée particulièrement active ces derniers mois, tant dans son bastion de la mer Noire qu’en Méditerranée, le long des côtes africaines ou près de l’archipel américain des îles Hawaï. Le 20 janvier 2022, Moscou a annoncé la tenue prochaine d’exercices navals majeurs dans l’Atlantique, l’Arctique, le Pacifique et la Méditerranée, pouvant impliquer plus de 140 bâtiments [1] . Un exercice pourrait même se dérouler de façon inédite au large de l’Irlande [2], près de la zone de connexion des câbles sous-marins transatlantiques, à un moment de fortes tensions sur le flanc oriental de l’Europe. Cet activisme de la marine russe, qui rappelle symboliquement les grandes heures des forces navales soviétiques des années 1980, appuie la vision décomplexée du président Vladimir Poutine quant au rôle maritime de la Russie qui cherche à maintenir sa place dans le jeu mondial à un niveau égal à celui des États-Unis et de la Chine, tout en sachant qu’elle n’est pas en mesure de s’assurer réellement la maîtrise des mers. Le Kremlin n’a eu de cesse de répéter ces derniers mois que la Russie avait regagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales et qu’une flotte puissante était nécessaire pour défendre les intérêts de Moscou sur l’ensemble des mers du globe. De fait, cet activisme naval, appuyé par le développement volontariste de nouvelles armes de rupture dans le domaine du combat naval, a ancré la marine russe dans un bras de fer durable avec la marine américaine et ses alliés. UNE DEFENSE ACTIVE DES BASTIONS RUSSES EN MER NOIRE ET MEDITERRANEE Dans les perceptions géopolitiques russes, la mer Noire est vue comme un lac russe qui protège le territoire national et permet un accès à la Méditerranée, puis au Moyen-Orient. Les forces navales russes y ont donc pour mission de contraindre la liberté de mouvement anglo-américaine, afin d’empêcher les États-Unis et le Royaume-Uni de se rapprocher de leur glacis sécuritaire [3]. C’est conformément à ces perceptions que sont apparues d’importantes frictions navales russo-britanniques en mer Noire au mois de juin 2021. Le destroyer britannique HMS Defender, qui sortait d’une escale en Ukraine, où un accord bilatéral de coopération navale anglo-ukrainien venait d’être signé [4], a en effet traversé les eaux disputées au large de la Crimée tout en respectant le principe du droit de passage inoffensif dans des eaux territoriales, afin de se diriger vers la Géorgie. Outre le droit de passage inoffensif, Londres a souligné que ces eaux territoriales appartenaient légalement à l’Ukraine, l’occupation de la Crimée par la Russie depuis 2014 n’étant pas reconnue par la communauté internationale [5]. La marine russe a dès lors surveillé de près le transit de ce bâtiment qui passait près de certaines de ses zones d’exercice, tandis que plusieurs avions de chasse russes l’ont survolé à basse altitude à des fins d’intimidation [6]. Des tirs de semonce russes auraient été menés à cette occasion, selon certains médias russes et britanniques [7], ce qui a été démenti par la Royal Navy [8], dénotant la guerre de l’information liée à ce type d’événements. La propagande de Moscou s’est montrée très offensive, indiquant que les forces armées russes avaient chassé un navire britannique de ses eaux et qu’elles n’hésiteraient pas à frapper cinétiquement les bâtiments britanniques s’ils continuaient leurs actions provocatrices au large de la Crimée [9] ». Une frégate néerlandaise aurait été également, à cette même période, la cible de brouillages et de raids aériens, simulés par des Su-30 russes équipés de bombes et missiles antinavires, alors qu’elle naviguait de conserve avec le HMS Defender [10]. Dans cette lutte d’influence, une attaque cyber sur l’AIS Automatic Identification System du bâtiment britannique a été rapportée, le positionnant faussement à 2 nautiques de la base navale russe de Sébastopol, alimentant ainsi la désinformation russe quant à la prétendue agression britannique. Ce spoofing [11] AIS et la communication très intensive utilisés par la Russie font désormais partie de ses modes d’action à l’intérieur de ce qu’elle considère comme ses bastions maritimes [12]. Peu de temps après, fin juin 2021, l’exercice Sea Breeze a mobilisé plus de 30 bâtiments de l’OTAN en mer Noire, au large de l’Ukraine. Moscou a, sans surprise, qualifié cet exercice de provocation, lançant des manœuvres pour tester la réactivité de sa défense aérienne basée en Crimée et renforçant les bases situées à proximité de capacités de frappes aériennes et antinavires [13]. En novembre 2021, alors que de nouvelles rumeurs d’intervention militaire russe en Ukraine se profilaient en parallèle de gesticulations anglo-américaines au profit de Kiev, l’armée russe a effectué de nouveaux exercices aéromaritimes en mer Noire. Cet activisme anglo-américain [14] dans un espace que Moscou revendique comme son glacis sécuritaire, irrite au plus haut point le Kremlin. Le 30 juin 2021, Vladimir Poutine a estimé qu’un navire de l’OTAN coulé par la marine russe ne donnerait pas lieu à une nouvelle guerre mondiale », ajoutant que la Russie se battait pour elle-même, pour son avenir sur son territoire » [15], illustrant ainsi clairement ses revendications géopolitiques [16]. Il a conclu ce n’est pas nous qui sommes venus vers eux à des milliers de kilomètres ; ils sont venus à nos frontières et ont violé nos eaux territoriales [17] ». Il démontre par là une nouvelle fois sa volonté d’engager un rapport de force avec les puissances maritimes occidentales, prévenant en amont ce qui pourrait arriver si ses eaux territoriales ou celles que Moscou revendique étaient violées [18] » par des puissances étrangères. Le 25 juillet 2021, à l’occasion de la parade officielle de la marine russe à Saint-Pétersbourg, le président Vladimir Poutine a assuré que la flotte russe était capable de détecter et de détruire n’importe quelle cible », la Russie ayant gagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales » [19]. Ce concept de défense active des bastions russes contre la présence navale anglo-américaine s’est aussi prolongé en Méditerranée orientale. Fin juin 2021, les forces russes ont déployé en Syrie, dans le cadre d’un exercice, deux aéronefs MiG-31K dotés de missiles hypersoniques antinavires Kinjal [20]ainsi que trois bombardiers TU-22M Backfire alors que le groupe aéronaval britannique Queen Elizabeth patrouillait au large [21]. Des avions de lutte anti-sous-marine Tu-142MK et Il-38 ont été envoyés à cette occasion dans la région, de même qu’un appareil de détection et de commandement aéroporté A-50 Mainstay. La flotte de la mer Noire avait projeté pour cet exercice en Méditerranée plusieurs bâtiments, dont le croiseur lance-missiles Moskva ainsi que les frégates Amiral Essen et Amiral Makarov, en complément du dispositif présent en Syrie. Moscou cherche depuis à étendre sa base navale de Tartous, avec la possibilité d’y baser un dock de réparations flottant pour ses unités de surface et ses sous-marins, ce qui éviterait de longs et coûteux transferts d’unités entre Tartous et les flottes de Baltique ou de mer Noire, en cohérence avec les travaux d’extension déjà réalisés sur la base aérienne de Hmeimim [22]. De fait, Moscou déploie désormais en Méditerranée orientale les mêmes capacités de déni d’accès qu’en mer Noire. DEFENSE DE L’AVANT AU-DELA DES ZONES BASTIONS Au-delà de son glacis sécuritaire et de ses zones bastions, la marine russe a largement accru, au 2e semestre 2021, sa présence dans des zones auparavant peu accoutumées à une présence navale russe. Dans le Pacifique, elle [23] a effectué mi-juin 2021 des exercices inédits au large de l’archipel américain des îles Hawaï, dont l’un des buts semblait l’entraînement à des frappes contre un groupe aéronaval américain et ses bases logistiques. La proximité de cet exercice avec l’île d’Oahu à 30 nautiques à certains moments, la zone de l’exercice se situant toutefois à 300 nautiques à l’ouest de l’archipel et surtout la conjonction d’un raid d’avions russes à long rayon d’action Tu-95 et Tu-142 venant du Kamchatka, accompagnés de chasseurs Mig-31 et de ravitailleurs Il-78 en direction de l’archipel américain ont entraîné des décollages sur alerte de la permanence opérationnelle américaine d’Hawaï et l’envoi sur zone du groupe aéronaval Carl Vinson[24]. Cet exercice de projection à longue distance de la marine russe du Pacifique, à 2 500 nautiques des îles Kouriles, s’est déroulé alors que le président américain rencontrait pour la première fois à Genève son homologue russe. La présence de ces navires russes est intervenue également au moment où les États-Unis devaient mener des tests de défense anti-missiles entre l’Alaska, l’archipel hawaïen et l’atoll de Kwajalein îles Marshall, perturbant sans doute quelque peu les essais. Cette pratique russe est devenue récurrente, des bâtiments de renseignement russes se déplaçant régulièrement depuis le début de l’année dans les zones américaines d’essais militaires dans le Pacifique[25]. Si la volonté russe de conduire des déploiements lointains près des approches américaines était déjà connue sur la côte atlantique[26], Moscou a toutefois ajouté Hawaï et le centre du Pacifique à ses zones d’action habituelles. En 2020, le SSGN Omsk avait ainsi fait surface au large de l’Alaska, au terme d’exercices navals russes conséquents dans la même zone. Ces déploiements inédits dans le Pacifique, au plus près des territoires américains, démontrent la volonté délibérée de la Russie de maintenir un rapport de force ouvert avec les États-Unis, en soutien possible de la Chine, et ce alors que la flotte russe du Pacifique ne semblait jusque-là avoir comme seuls objectifs la protection de son bastion de la mer d’Okhotsk[27] et le déni d’accès dans le détroit de Béring. Le continent africain est également redevenu un centre d’intérêt pour la Russie qui a déployé ses mercenaires de la société Wagner au Mozambique, en Libye, en Centrafrique et sans doute au Sahel. Cette appétence russe pour l’Afrique s’est publiquement manifestée en octobre 2019 par la tenue d’un sommet Russie/Afrique à Sotchi, réunissant plusieurs dizaines d’États africains. Si l’intérêt russe est avant tout économique accès aux richesses minières et aux hydrocarbures, il est aussi politique[28] et militaire. Moscou s’est ainsi impliqué au Soudan et sa marine tente d’obtenir l’autorisation des autorités soudanaises pour la création d’une base navale à Port-Soudan, qui sera ainsi potentiellement un point d’appui de choix des forces navales russes pour le Moyen-Orient et la côte est-africaine[29]. Sur la côte ouest de l’Afrique, la République du Congo pourrait devenir le prochain point d’appui naval russe. En effet, Brazzaville avait signé en mai 2019 un accord avec Moscou pour la venue d’experts militaires russes, notamment pour l’entretien d’équipements anciens d’origine soviétique. Un second accord aurait été signé en octobre 2019 et mis en vigueur en juin 2021[30]. Ce dernier accord prévoirait la possibilité de déployer des bâtiments et aéronefs militaires russes au Congo, afin de lutter contre la piraterie maritime et le terrorisme, ouvrant ainsi la voie potentielle à une implantation militaire russe plus pérenne à Pointe-Noire et Brazzaville. Le Nigeria pourrait aussi devenir à terme un futur point d’appui pour Moscou grâce à un accord de coopération signé le 23 août 2021, essentiellement lié à la formation de personnel et la maintenance de matériel, et ce alors que la Russie doit livrer une vingtaine d’hélicoptères militaires de transport à ce pays. Là encore, la lutte contre le terrorisme ou la piraterie, maux endémiques de cette région, est instrumentalisée de façon très pragmatique par Moscou tant pour y établir des points d’appui militaires que pour gagner des parts de marché pour son industrie de défense, l’Afrique représentant déjà 30 à 40 % de ses exportations d’armement[31]. Cet intérêt renouvelé de la flotte russe pour le grand large, bien au-delà des zones d’action habituelles de son glacis sécuritaire, est à rapprocher de la fonction politique autrefois occupée par la marine soviétique. En effet, à partir des années 1980, la marine soviétique, sans pouvoir rivaliser avec la marine américaine[32], était présente sur toutes les mers, démontrant que l’URSS était une superpuissance comme les États-Unis, même si sa vulnérabilité en cas de guerre était avérée. La marine russe semble aujourd’hui faire de même et cherche à promouvoir le rang et le statut de la Russie dans les affaires internationales, notamment vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. LE DEVELOPPEMENT VOLONTARISTE DE NOUVELLES CAPACITES OFFENSIVES L’activisme naval russe se fonde également sur le développement intensif de nouvelles capacités offensives qui permettent aux forces russes de mettre en œuvre une forme de dissuasion conventionnelle régionale [33] l’ayant fait passer au rang de puissance navale continentale[34] ». Ces capacités, si elles ne permettent pas à la Russie de concurrencer les États-Unis comme puissance maritime dominante, renforcent considérablement son poids de puissance maritime perturbatrice dans la lignée des guerres de course aéronavales et sous-marines menées par l’Allemagne lors des deux guerres mondiales et planifiées par l’URSS pendant la guerre froide. De plus, la flotte russe peut désormais, à partir de la mer Noire et de la mer Caspienne, frapper avec des missiles de croisière une vaste zone s’étendant de l’Europe de l’Est à l’Asie centrale, en passant par le Moyen-Orient. Cette zone, qui peut dès lors devenir un glacis sécuritaire russe, est protégée par la bulle de déni d’accès russe établie en Syrie. Ce glacis élargi par la menace de nouvelles armes russes correspond d’ailleurs au Rimland défini classiquement par la géopolitique américaine. Les capacités offensives de la marine russe sont aujourd’hui en mesure de connaître un nouveau bond en avant avec le développement intensif d’armes supersoniques. Le président Vladimir Poutine a assuré, le 25 juillet 2021, que la Russie avait gagné sa place parmi les principales puissances maritimes mondiales » en ayant développé une aviation navale efficace à courte et longue distances, des systèmes de défense côtière fiables et des armes hypersoniques de haute précision, qui n’ont pas d’équivalent dans le monde et qui continuent d’être améliorées constamment et avec succès »[35]. Parmi ces armes de rupture figurent le missile hypersonique nouvelle génération Avangard[36], qui revendique atteindre une vitesse de Mach 27, de changer de cap et d’altitude, mais surtout le Zirkon[37], testé avec succès fin 2021. Ce dernier a effectué son dernier test sur une cible terrestre à sa portée maximale à partir de la frégate Admiral Gorshkov, le 19 juillet, depuis la mer Blanche[38]. Le 4 octobre 2021, cela a été au tour du sous-marin d’attaque Severodvinsk classe Yasen de tester ce missile depuis la mer de Barents, ce qui représentait une première mondiale. Enfin, Vladimir Poutine a annoncé très officiellement, le 24 décembre 2021, un tir d’essai réussi d’une salve de missiles Zirkon[39]. Dans le domaine des armes hypersoniques, la Russie semble donc avoir l’avantage par rapport aux États-Unis qui ne disposent pas encore, malgré leurs intentions, d’armes opérationnelles de ce type, notamment sur leurs plateformes navales. Moscou prévoit désormais la mise en service opérationnel de cette arme dans ses forces navales et ses batteries côtières en 2022, et pour les forces sous-marines en 2024, les essais étant presque achevés et concluants. Sur le plan aérien, le missile hypersonique air-mer Kinjal est déjà en service, en particulier sur Mig-31K. Il a d’ailleurs été déployé pour des exercices dans les zones bastions de la Russie. Deux unités de l’aéronavale russe devraient être dotées de missiles supersoniques de type Kinjal, l’une pour la flotte du Nord, l’autre pour la flotte du Pacifique. De fait, l’arme hypersonique va devenir le fer de lance des forces navales et aériennes russes pour la défense, même éloignée, de leurs bastions, propulsant dès lors la marine russe dans le premier cercle des puissances capables de faire peser une menace mortelle en mer, malgré un tonnage peu élevé et un manque de porte-aéronefs. En cohérence avec sa vocation de puissance continentale, la construction navale de la Russie se focalise en effet toujours sur la mise en service de sous-marins et d’unités légères de type corvette ou frégate, moins chères et plus faciles à fabriquer en série, comme outils de gesticulation politique de temps de paix et d’opérations d’interdiction en temps de guerre. À titre d’exemple, le président Poutine a participé, le 23 août 2021, à une cérémonie de découpage des premières tôles pour 4 sous-marins deux SNLE de type Boreï et deux SSK de type Kilo-636I et deux corvettes types Steregushchiy et Gremyashchiy, rappelant l’importance d’une flotte puissante pour défendre les intérêts de Moscou sur l’ensemble des mers du globe[40] ». ***** La compétition technologique et géopolitique entre les marines anglo-saxonnes et les forces navales russes va se renforcer alors que les sujets de friction entre ces deux blocs ne manquent pas, comme le montre d’ailleurs le nouvel épisode de crispation ukrainienne. Cette compétition, au-delà des seuls bastions russes ou des théâtres traditionnels de l’Atlantique et du Pacifique nord, pourrait également déborder à terme le long des côtes africaines, vastes espaces lacunaires où la présence occidentale est notoirement absente. En effet, le continent africain, riche en ressources minières et pétrolières golfe de Guinée, Mozambique, pourrait voir à terme le déploiement de groupes navals russes, voire l’établissement de points d’appui qui consolideraient l’effort fait ces dernières années sur ce continent par les sociétés paraétatiques russes. Le risque serait alors de voir l’Europe stratégiquement encerclée par un arc de sécurité énergétique russe s’étendant de l’Arctique au golfe de Guinée, passant par la Baltique, la mer Noire, la Méditerranée et la mer Rouge, celui-ci complétant une défense de l’avant de plus en plus ostensible en Atlantique nord. Le nouveau dynamisme naval russe, facteur de puissance pour le Kremlin

detroit reunissant l atlantique a la mediterranee
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