Philosophie Dissertations Commentaires. La Bruyère - commentaires de francais. La Bruyère, Les Caractères - Arrias ; La Bruyère, Les Caractères - Des biens de fortune, 83 et 84: Giton et Phédon; La Bruyère, Les Caractères - Livre X, texte 29: Le troupeau et le berger; La Bruyère, Les Caractères : Portrait de Giton; Nous avons besoins de vous ! Nous manquons de
Les Caractères de La Bruyère. La Bruyère, qui aimait la lecture des anciens, eut un jour l’idée de traduire Théophraste, et il pensa à glisser à la suite et à la faveur de sa traduction quelques-unes de ses propres réflexions sur les mœurs modernes. Cette traduction de Théophraste n’était-elle pour lui qu’un prétexte, ou fut-elle vraiment l’occasion déterminante et le premier dessein principal ? On pencherait plutôt pour cette supposition moindre, en voyant la forme de l’édition dans laquelle parurent d’abord Les Caractères, et combien Théophraste y occupe une grande place. La Bruyère était très pénétré de cette idée, par laquelle il ouvre son premier chapitre, que tout est dit, et que l’on vient trop tard après plus de sept mille ans qu’il y a des hommes, et qui pensent. […] On ne saurait en écrivant rencontrer le parfait, et, s’il se peut, surpasser les anciens, que par leur imitation. » Aux anciens, La Bruyère ajoute les habiles d’entre les modernes comme ayant enlevé à leurs successeurs tardifs le meilleur et le plus beau. C’est dans cette disposition qu’il commence à glaner, et chaque épi, chaque grain qu’il croit digne, il le range devant nous. La pensée du difficile, du mûr et du parfait l’occupe visiblement, et atteste avec gravité, dans chacune de ses paroles, l’heure solennelle du siècle où il écrit. Ce n’était plus l’heure des coups d’essai. Presque tous ceux qui avaient porté les grands coups vivaient. Molière était mort ; longtemps après Pascal, La Rochefoucauld avait disparu ; mais tous les autres restaient là, rangés. Quels noms ! quel auditoire auguste, consommé, déjà un peu sombre de front, et un peu silencieux ! Dans son discours à l’Académie, La Bruyère lui-même les a énumérés en face ; il les avait passés en revue dans ses veilles bien des fois auparavant. […] La Bruyère a tout prévu, et il ose. Il sait la mesure qu’il faut tenir et le point où il faut frapper. Modeste et sûr, il s’avance ; pas un effort en vain, pas un mot de perdu ! Du premier coup, sa place qui ne le cède à aucune autre est gagnée. Ceux qui, par une certaine disposition trop rare de l’esprit et du cœur, sont en état, comme il dit, de se livrer au plaisir que donne la perfection d’un ouvrage, ceux-là éprouvent une émotion, d’eux seuls concevable, en ouvrant la petite édition in-12, d’un seul volume, année 1688, de trois cent soixante pages, en fort gros caractères, desquelles Théophraste, avec le discours préliminaire, occupe cent quarante-neuf, et en songeant que, sauf les perfectionnements réels et nombreux que reçurent les éditions suivantes, tout La Bruyère est déjà là. Plus tard, à partir de la troisième édition, La Bruyère ajouta successivement et beaucoup à chacun de ses seize chapitres. Des pensées qu’il avait peut-être gardées en portefeuille dans sa première circonspection, des ridicules que son livre même fit lever devant lui, des originaux qui d’eux-mêmes se livrèrent, enrichirent et accomplirent de mille façons le chef-d’œuvre. La première édition renferme surtout incomparablement moins de portraits que les suivantes. L’excitation et l’irritation de la publicité les firent naître sous la plume de l’auteur, qui avait principalement songé d’abord à des réflexions et remarques morales, s’appuyant même à ce sujet du titre de Proverbes donné au livre de Salomon. Les Caractères ont singulièrement gagné aux additions ; mais on voit mieux quel fut le dessein naturel, l’origine simple du livre et, si j’ose dire, son accident heureux, dans cette première et plus courte forme. » » Extrait des Portraits littéraires, I édition 1862 écrits par Sainte Beuve. La Bruyère, précurseur Il était bientôt temps que le siècle finît la pensée de dire autrement, de varier et de rajeunir la forme, a pu naître dans un grand esprit ; elle deviendra bientôt chez d’autres un tourment plein de saillies et d’étincelles. Les Lettres Persanes, si bien annoncées et préparées par La Bruyère, ne tarderont pas à marquer la seconde époque. La Bruyère n’a nul tourment encore et n’éclate pas, mais il est déjà en quête d’un agrément neuf et du trait. Sur ce point, il confine au xviiie siècle plus qu’aucun grand écrivain de son âge ; Vauvenargues, à quelques égards, est plus du xviie siècle que lui. Mais non… La Bruyère en est encore, pleinement, de son siècle incomparable, en ce qu’au milieu de tout ce travail contenu de nouveauté et de rajeunissement, il ne manque jamais, au fond, d’un certain goût simple. […] La Bruyère est plein de ces germes brillants. Il a déjà l’art bien supérieur à celui des transitions qu’exigeait trop directement Boileau de composer un livre, sans en avoir l’air, par une sorte de lien caché, mais qui reparaît, d’endroits en endroits, inattendu. On croit au premier coup d’œil n’avoir affaire qu’à des fragments rangés les uns après les autres, et l’on marche dans un savant dédale où le fil ne cesse pas. Chaque pensée se corrige, se développe, s’éclaire, par les environnantes. Puis l’imprévu s’en mêle à tout moment, et, dans ce jeu continuel d’entrées en matière et de sorties, on est plus d’une fois enlevé à de soudaines hauteurs que le discours continu ne permettrait pas […]. » » Extrait des Portraits littéraires, I édition 1862 écrits par Sainte Beuve. Jugements sur l’œuvre Bussy-Rabutin 1618-1693 Il est entré plus avant que Théophraste dans le cœur de l’homme, il y est même entré plus délicatement et par des expériences plus fines. Ce ne sont point des portraits de fantaisie qu’il nous a donnés, il a travaillé d’après nature, et il n’y a pas une décision sur laquelle il n’ait eu quelqu’un en vue. Pour moi, qui ai le malheur d’une longue expérience du monde, j’ai trouvé à tous les portraits qu’il m’a faits des ressemblances peut-être aussi justes que ses propres originaux, et je crois que, pour peu qu’on ait vécu, ceux qui liront son livre en pourront faire une galerie. Au reste, Monsieur, je suis de votre avis sur la destinée de cet ouvrage, que, dès qu’il paraîtra, il plaira fort aux gens qui ont de l’esprit, mais qu’à la longue, il plaira encore davantage… » Extrait de la lettre au marquis de Termes, écrite le 10 mars 1688. Pierre Bayle 1647-1706 Il y a un autre livre [que les Essais de Morale de Nicole] fort propre à donner de l’esprit aux jeunes gens et à leur raffiner le goût ce sont Les Caractères de ce siècle, par feu M. de La Bruyère ; c’est un livre incomparable. » Extrait de la lettre à M. de Naudis, écrite le 29 octobre 1696. Vigneul-Marville Je loue la bonne intention qu’il a eue de réformer les mœurs du siècle présent, en découvrant leur ridicule ; mais je ne saurais approuver qu’il cherche ce ridicule dans sa propre imagination, plutôt que dans nos mœurs mêmes ; et qu’outrant tout ce qu’il représente, il fasse des portraits de fantaisie et non des portraits d’après nature, comme le sujet le demande. » Extrait des Mélanges d’histoire, et de littérature écrits en 1699. Pierre-Joseph Thoulier d’Olivet 1682-1768 Pourquoi Les Caractères de M. de La Bruyère, que nous avons vus si fort en vogue durant quinze ou vingt ans, commencent-ils à n’être plus si recherchés ? Prenons-nous-en, du moins en partie, à la malignité du cœur humain. Tant qu’on a cru voir dans ce livre les portraits des hommes vivants, on l’a dévoré pour se nourrir du triste plaisir que donne la satire personnelle. Mais à mesure que ces gens-là ont disparu, il a cessé de plaire si fort par la matière. Et peut-être aussi que la forme n’a pas suffi toute seule pour le sauver, quoiqu’il soit plein de tours admirables, et d’expressions heureuses qui n’étaient pas dans notre langue auparavant. » Extrait de l’Histoire de l’Académie française publiée en 1729. Vauvenargues 1715-1747 Nous faisons trop peu d’attention à la perfection de ces fragments, qui contiennent souvent plus de matière que de longs discours, plus de proportion et plus d’art… La Bruyère a cru, ce me semble, qu’on ne pouvait peindre les hommes assez petits ; et il s’est bien plus attaché à relever leurs ridicules que leur force. » Extrait des Fragments publiés en 1746. Voltaire 1694-1778 On peut compter parmi les productions d’un genre unique Les Caractères de La Bruyère. Il n’y avait pas chez les anciens plus d’exemples d’un tel ouvrage que du Télémaque. Un style rapide, concis, nerveux, des expressions pittoresques, un usage tout nouveau de la langue, mais qui n’en blesse pas les règles, frappèrent le public ; et les allusions qu’on y trouvait en foule achevèrent le succès. Quand La Bruyère montra son ouvrage manuscrit à M. de Malézieu, celui-ci lui dit Voilà de quoi vous attirer beaucoup de lecteurs et beaucoup d’ennemis. » Ce livre baissa dans l’esprit des hommes quand une génération entière, attaquée dans l’ouvrage, fut passée. Cependant, comme il y a des choses de tous les temps et de tous les lieux, il est à croire qu’il ne sera jamais oublié. » Extrait du Siècle de Louis XIV publié en 1751. Stendhal 1783-1842 La Bruyère, n’a aucune sensibilité. Dans l’histoire d’Émire, on croit entendre un vieillard qui, du haut d’une fenêtre, a observé deux amants dans un jardin… Il y a peu de comique, chez La Bruyère, la sécheresse le chasse. Peut-être ne nous paraîtrait-il pas sec, si notre goût n’était formé par Jean-Jacques Rousseau, et la lecture des romans. Nous sommes accoutumés à voir des observations mêlées avec un peu de sensibilité. » Extrait de Du style publié en 1812. Julien Benda 1867-1956 Dans l’ordre littéraire, vous êtes pleinement de notre époque. Elle l’a d’ailleurs compris. Elle vous vénère comme écrivain vous tient pour un de ses dieux. D’abord parce que vous avez fait un livre non composé, pur d’une idée maîtresse autour de quoi tout s’organise – un livre inorganique… Nos modernes se réclament de vous, dont l’œuvre est délibérément un cahier de notes, prises sans plan directeur, à l’occasion, pendant vingt ans. Et, en effet, vous êtes bien le père de nos impressionnistes, de nos stendhaliens, de nos nietzschéens, de nos gidiens, de tous nos miliciens de l’écriture sporadique, de tous nos officiants du penser pulsatile. Et ils voient juste en vous faisant gloire d’avoir eu le cœur de fonder le genre en pleine tyrannie cartésienne, en pleine superstition du penser ordonné… » Extrait d’ À Jean de La Bruyère » publié dans La Revue de Paris le 1er janvier 1934. Sources 10 mai 2014 dans L'ARGUMENTATION par
Unecollection dédiée aux œuvres intégrales du BAC de Français 1re et à leurs parcours associés. • Le Parcours associé : La comédie sociale Voie générale • Résumé La Cour est un ÉnoncéSujet Vous commenterez ce texte issu des Caractères de La Bruyère. Pamphile ne s'entretient pas avec les gens qu'il rencontre dans les salles ou dans les cours si l'on en croit sa gravité et l'élévation de sa voix, il les reçoit, leur donne audience, les congédie ; il a des termes tout à la fois civils et hautains, une honnêteté impérieuse et qu'il emploie sans discernement ; il a une fausse grandeur qui l'abaisse, et qui embarrasse fort ceux qui sont ses amis, et qui ne veulent pas le Pamphile est plein de lui-même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l'idée de sa grandeur, de ses alliances, de sa charge, de sa dignité ; il ramasse, pour ainsi dire, toutes ses pièces, s'en enveloppe pour se faire valoir ; il dit Mon ordre, mon cordon bleu , il l'étale ou il le cache par ostentation un Pamphile en un mot veut être grand, il croit l'être ; il ne l'est pas, il est d'après un grand. Si quelquefois il sourit à un homme du dernier ordre, à un homme d'esprit, il choisit son temps si juste, qu'il n'est jamais pris sur le fait ; aussi la rougeur lui monterait-elle au visage s'il était malheureusement surpris dans la moindre familiarité avec quelqu'un qui n'est ni opulent, ni puissant, ni ami d'un ministre, ni son allié, ni son domestique ; il est sévère et inexorable à qui n'a point encore fait sa fortune il vous aperçoit un jour dans une galerie, et il vous fuit ; et le lendemain, s'il vous trouve en un endroit moins public, ou s'il est public en la compagnie d'un grand, il prend courage, il vient à vous, et il vous dit Vous ne faisiez pas hier semblant de nous voir. Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis ; et tantôt s'il les trouve avec vous en conversation, il vous coupe et vous les enlève vous l'abordez une autre fois, et il ne s'arrête pas ; il se fait suivre, vous parle si haut que c'est une scène pour ceux qui passent aussi les Pamphiles sont-ils toujours comme sur un théâtre ; gens nourris dans le faux, et qui ne haïssent rien tant que d'être naturels ; vrais personnages de comédie, des Floridors, des ne tarit point sur les Pamphiles ; ils sont bas et timides devant les princes et les ministres, pleins de hauteur et de confiance avec ceux qui n'ont que de la vertu ; muets et embarrassés avec les savants ; vifs, hardis et décisifs avec ceux qui ne savent rien ; ils parlent de guerre à un homme de robe, et de politique à un financier ; ils savent l'histoire avec les femmes ; ils sont poètes avec un docteur, et géomètres avec un poète de maximes, ils ne s'en chargent pas ; de principes, encore moins, ils vivent à l'aventure, poussés et entraînés par le vent de la faveur et par l'attrait des richesses ; ils n'ont point d'opinion qui soit à eux, qui leur soit propre, ils en empruntent à mesure qu'ils en ont besoin ; et celui à qui ils ont recours, n'est guère un homme sage, ou habile, ou vertueux, c'est un homme à la mode. »La Bruyère, Les Caractères, livre ix, Des grands », remarque 50 Lorsquil rédige ses Caractères à la fin du règne de Louis XIV, La Bruyère observe les courtisans de la cour de Versailles pour mieux en faire des portraits satiriques. Comme son contemporain
I - L'ANALYSE ET LES DIFFICULTES DU SUJET Sujet Contraintes ● Vous ferez le commentaire de l'extrait de La Bruyère ► Contrainte explicite le commentaire d’un extrait des Caractères de La Bruyère. ► Contraintes implicites il convient de montrer - son habileté à commenter, en organisant une réflexion sur un texte qui permette d’en révéler la signification profonde, en s’appuyant sur des exemples ; - que le texte a une visée argumentative, puisque c'est l'objet d'étude du sujet. Aidez-vous de votre travail sur la question. Caractéristiques générales du texte attendu ● Il s'agit de produire un commentaire composé, qui prenne non pas la forme d’une explication de texte, comme à l’oral de français, et encore moins d’une paraphrase ou d’un récit reprenant le texte. ● Ce commentaire doit prendre la forme de la dissertation littéraire, être écrit comme un essai. ● Aucune remarque sur la forme du texte à étudier ne doit faire l’objet d’une analyse ou d’un développement à part, sans relation avec la signification de l’œuvre. ● Aucune allusion aux textes du corpus, aucune comparaison n’est demandée, ni souhaitable, sauf s’il apparaissait clairement que l’auteur n’a écrit ce texte qu’en réaction ou après avoir lu les textes antérieurs, qui figurent dans le corpus. II - LES DIFFERENTS TYPES DE PLANS POSSIBLES Par un plan analytique, c'est celui que nous proposons 1. la technique du portrait comment La Bruyère s'y prend pour que nous nous représentions bien Gnathon ; 2. la fonction de ce portrait que cherche à dénoncer La Bruyère ? Par un plan descriptif, c'est peut-être celui auquel beaucoup d'entre vous vont penser 1. le comportement, le portrait en acte attention à ne pas parler de portrait physique on n'en a pas ici ; 2. le caractère ; 3. mais il faudrait forcément ajouter une partie sur la fonction satirique donc cette partie rejoindrait le plan analytique en se demandant ce que représente ce personnage. Le risque de ce plan est de se répéter car la dénonciation est contenue dans la peinture du caractère. C'est aussi de voir des éléments qui ne sont pas vraiment dans le texte portrait physique ou même portrait moral. Au fond, La Bruyère ne fait que décrire le comportement de Gnathon. A nous d'en déduire son défaut de caractère. III - LES PISTES DE REPONSES PREMIeRE PARTIE LA TECHNIQUE DU PORTRAIT 1. Un portrait vivant et en mouvement La Bruyère dresse le portrait d'un homme en action, nous le voyons vivre sous nos yeux noter dès la première phrase l'utilisation du verbe "vivre" "Gnathon ne vit que pour soi". On pourrait parler de portrait saisi au vif, c'est-à-dire en action, en mouvement. Plusieurs indices le montrent – l'utilisation du présent tout au long du texte présent à la fois de narration et de description dans les deux cas, le présent nous donne à voir, sous nos yeux mêmes, le personnage. – l'accumulation des verbes, et notamment des verbes d'action "il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire" "il écure ses dents, il continue à manger" l. 12. – on l'observe dans plusieurs situations de la vie quotidienne à table à 12 ; ensuite "quelque part où il se trouve" "au sermon" c'est-à-dire à l'église, "au théâtre","dans sa chambre", "dans un carrosse", en "voyage avec plusieurs", "dans les hôtelleries". C'est comme si on suivait son emploi du temps. – si la plupart du temps, le portraitiste est extérieur au personnage, il lui arrive parfois de restituer ses pensées en focalisation interne "il voudrait pouvoir les savourer tous" l. 5, "il oublie " l. 3, "et ne souffre pas" l. 13 au sens il ne supporte pas. Non contents de le voir agir, nous savons donc ce qu'il pense. – l'écriture sert ce portrait en mouvement. Les phrases sont courtes pour la plupart. La Bruyère ne les relie presque jamais entre elles on peut parler d'effet de parataxe. L'impression produite est celle de la rapidité comme si l'écrivain croquait le personnage en quelques traits rapides et sûrs. L'effet sur le lecteur est évidemment de rendre ce portrait plus réel. Le texte en devient plus accessible, plus lisible. 2. Un portrait caricatural Ce portrait a une autre caractéristique il est exagéré et tend à la caricature. Comme un dessinateur, La Bruyère trace des traits insistants, appuyés. Là encore, on peut relever plusieurs indices – les hyperboles à table, Gnathon "occupe lui seul" la place "de deux autres". Il se comporte comme un glouton répugnant et sans gêne "s'il enlève un ragoût de dessus un plat, il le répand en chemin dans un autre plat et sur la nappe" l. 9-10 ; "il mange haut est avec grand bruit" l. 11 ; "le jus et les sauces lui dégouttent du menton et de la barbe" l. 9. – les oppositions servent aussi la caricature. Gnathon dévore tout, pendant que "les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes" l. 7. Son comportement est tellement répugnant qu'il est capable "d'ôter l'appétit aux plus affamés" l. 8. Enfin, "il ne pleure point la mort des autres, n'appréhende que la sienne". – certaines répétitions "il sait toujours se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit", "ne se contraint pour personne, ne craint personne". – les images "la table est pour lui un ratelier" métaphorise Gnathon en un animal de ferme qui mange son fourrage cf. note ! – le nom même de Gnathon désigne en grec la mâchoire mais vous n'êtes pas censé le savoir…. L'effet sur le lecteur est évidemment comique. Conclusion de cette première partie La Bruyère est particulièrement habile, il séduit le lecteur par sa vivacité et son humour. Sans doute est-ce une façon de mieux nous préparer à la réflexion… Transition On devine que cette technique du portrait a une intention précise. La caricature tend en général à dénoncer. Il faut donc se demander quelles cibles vise La Bruyère. DEUXIeME PARTIE LA FONCTION DE CE PORTRAIT 1. La critique d'un caractère Il ne faut pas oublier le titre de l'œuvre, Les Caractères. La Bruyère ne cite jamais explicitement le trait de caractère qu'il veut ici critiquer. Mais il nous donne plusieurs indices pour le déduire nous-mêmes de son portrait. Le trait dominant est ainsi suggéré dès le début - la première phrase est une périphrase pour définir l'égoïsme "Gnathon ne vit que pour soi". On retrouve cet égoïsme dans les situations évoquées ensuite "il tourne tout à son usage" l. 17 ; ou encore "tout ce qu'il trouve sous la main lui est propre, hardes, équipages"l. 17. "Soi", "à son égard", "lui seul", "manière d'établissement", "pour lui", "fait son propre", "son usage, "propre" sont des termes qui expriment tous l'égoïsme. Mais ce qui est intéressant est que La Bruyère approfondit la peinture de ce caractère en en montrant les conséquences et les dangers – l'absence de savoir vivre. Gnathon ne respecte ni les autres, ni les règles élémentaires de la vie en société "malpropretés dégoûtantes capables d'ôter l'appétit aux plus affamés" l. 8, "il ne se sert à table que de ses mains" l. 6. –le mépris des autres "tous les hommes ensemble sont à son égard comme s'ils n'étaient point" ; il "rachèterait volontiers" sa propre mort "de l'extinction du genre humain". Ainsi, à deux endroits stratégiques du texte, l'incipit et la conclusion, l'auteur insiste sur le même trait pour Gnathon, les autres n'existent pas. – l'absence de compassion, voire la cruauté il "ne plaint personne", "ne pleure point la mort des autres" montre un personnage sans cœur. – enfin, on devine une forme d'hypocrisie, lorsque, pour conserver dans un carrosse la place du fond, il fait croire que sinon "il pâlit et tombe en faiblesse". Image très éloignée du glouton qu'on a vu précédemment ! Tout comme l'est celle, d'ailleurs, de l'hypocondriaque un malade imaginaire qui ne connaît que "sa réplétion et sa bile" De même, il agit en sournois pour avoir la meilleure chambre "s'il fait un voyage à plusieurs, il les prévient dans les hôtelleries". 2. Faire réfléchir le lecteur Plusieurs autres perspectives sont proposées au lecteur, mais de façon implicite – A travers Gnathon, La Bruyère dénonce peut-être aussi le comportement sans gêne de ceux qui ont de l'argent. Les "mets" que le personnage dévore à table pourraient être la métaphore des richesses non partagées. Les autres doivent se contenter de "restes". Le texte contiendrait donc une part de satire sociale et nous inviterait à réfléchir sur les inégalités sociales c'est ainsi, aussi qu'il se rattacherait au corpus. Mais cette satire est plus manifeste dans d'autres livres des Caractères, comme "De la cour et des grands" par exemple. – l'essentiel est de percevoir la marge de liberté qui nous est laissée. La Bruyère ne donne pas les clés d'interprétation. Il se contente d'observer et d'orienter notre regard. Ainsi, il semble se manifester dans certaines remarques "on le suit à la trace" l. 10, "si on veut l'en croire" l. 15. Mais le "on" peut désigner tout autant le "je" que n'importe quelle personne côtoyant le personnage, et même le lecteur. Nous sommes ainsi invités à participer à l'élaboration du portrait. Conclusion Le texte est intéressant pour plusieurs raisons – la peinture approfondie d'un caractère qu'on devine aisément lié à une certaine classe sociale la richesse s'accompagne d'égoïsme, l'égoïsme de mépris et de cruauté. – la capacité de l'écrivain à croquer en quelques lignes un portrait à la fois drôle, incisif, réaliste, vivant, et riche de significations. Il est normal que La Bruyère ait inspiré les autres écrivains. Parmi eux, citons Molière qui aurait pu s'inspirer de la haine du genre humain manifestée par Gnathon pour créer son personnage d'Alceste dans le Misanthrope. – enfin, il nous montre que le portrait est un genre qui peut servir une visée argumentative. Il rejoint ainsi toutes les autres formes littéraires susceptibles d'emporter l'adhésion du lecteur. IV - LES FAUSSES PISTES Il ne fallait surtout pas ● dissocier l'étude du fond et de la forme. ● se limiter à l'étude du caractère sans dégager la technique du portraitiste.
Résumédu document. Etude linéaire du fragment 22 du chapitre De la Cour dans Les Caractères de La Bruyère. L'on se couche à la cour et l'on se lève sur l'intérêt; c'est ce que l'on digère le matin et le soir, le jour et la nuit; c'est ce qui fait que l'on pense, que l'on parle, que l'on se tait, que l'on agit ; c'est dans cet esprit

La Bruyère, les Caractères extrait. Dans le chapitre De la cour des Caractères, La Bruyère prend le contre-pied de l'imagerie flatteuse répandue dans la littérature sur le personnage du courtisan. Ce portrait, passant d'une anecdote amusante à une pointe assassine, servi par un style léger comme celui d'une conversation, une rhétorique souple mais efficace, souligne la petitesse du comportement en regard de la grandeur des ambitions, la prolixité et l'aisance, inversement proportionnelles à la sincérité... Moraliste lucide, La Bruyère sait admirablement identifier, sous les traits du courtisan du Grand Siècle, un type humain universel, celui de l'arriviste. Les Caractères de Jean de La Bruyère N'espérez plus de candeur, de franchise, d'équité, de bons offices, de services, de bienveillance, de générosité, de fermeté dans un homme qui s'est depuis quelque temps livré à la cour, et qui secrètement veut sa fortune. Le reconnaissezvous à son visage, à ses entretiens ? Il ne nomme plus chaque chose par son nom ; il n'y a plus pour lui de fripons, de fourbes, de sots et d'impertinents celui dont il lui échapperait de dire ce qu'il en pense, est celui-là même qui, venant à le savoir, l'empêcherait de cheminer ; pensant mal de tout le monde, il n'en dit de personne ; ne voulant du bien qu'à lui seul, il veut persuader qu'il en veut à tous, afin que tous lui en fassent, ou que nul du moins lui soit contraire. Non content de n'être pas sincère, il ne souffre pas que personne le soit ; la vérité blesse son oreille il est froid et indifférent sur les observations que l'on fait sur la cour et sur le courtisan ; et parce qu'il les a entendues, il s'en croit complice et responsable. Tyran de la société et martyr de son ambition, il a une triste circonspection dans sa conduite et dans ses discours, une raillerie innocente, mais froide et contrainte, un ris forcé, des caresses contrefaites, une conversation interrompue et des distractions fréquentes. Il a une profusion, le dirai-je ? des torrents de louanges pour ce qu'a fait ou ce qu'a dit un homme placé et qui est en faveur, et pour tout autre une sécheresse de pulmonique ; il a des formules de compliments différents pour l'entrée et pour la sortie à l'égard de ceux qu'il visite ou dont il est visité ; il n'y a personne de ceux qui se payent de mines et de façons de parler qui ne sorte d'avec lui fort satisfait. Il vise également à se faire des patrons et des créatures il est médiateur, confident, entremetteur il veut gouverner. Il a une ferveur de novice pour toutes les petites pratiques de cour ; il sait où il faut se placer pour être vu ; il sait vous embrasser, prendre part à votre joie, vous faire coup sur coup des questions empressées sur votre santé, sur vos affaires ; et pendant que vous lui répondez, il perd le fil de sa curiosité, vous interrompt, entame un autre sujet ; ou s'il survient quelqu'un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un compliment de condoléance il pleure d'un oeil, et il rit de l'autre. Se formant quelquefois sur les ministres ou sur le favori, il parle en public de choses frivoles, du vent, de la gelée ; il se tait au contraire, et fait le mystérieux sur ce qu'il sait de plus important, et plus volontiers encore sur ce qu'il ne sait point. Source Beaumarchais Jean-Pierre de et Couty Daniel, Anthologie des littératures de langue française, Paris, Bordas, 1988. Microsoft Encarta 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

Jeande La Bruyère écrit : « Un homme né chrétien et Français se trouve contraint dans la satire ; les grands sujets lui sont défendus : il les entame quelquefois, et se détourne ensuite sur de petites choses, qu’il relève par la beauté de son génie et de son style. » (Les Caractères, 1688, chap. I, fr. 65) Dans quelle mesure cette remarque vous Continuer la lecture de Sujet
Paru le 3 juin 2021 import_contacts Résumé Détails Compatibilité Autres formats Un caractère bien fade est celui de n’en avoir aucun. » Voilà qui annonce la couleur ! Dans ses Caractères, œuvre magistrale à laquelle il a consacré sa vie, La Bruyère brosse un portrait au vitriol de ses contemporains. Fin observateur, il n’épargne personne l’ambition du courtisan, l’égoïsme du puissant, la vanité du-pédant sont tournés en ridicule. Et à travers eux, c’est toute une société, celle du paraître » et de l’argent, qui est fustigée. • Une frise chronologique historique et culturelle • Une introduction Pourquoi lire Les Caractères au XXIe siècle ? • Le texte intégral annoté Des sujets pour s’entraîner à l’oral et à l’écrit du bac • Des analyses de textes au fil de l’œuvre • Un commentaire de texte et une dissertation rédigés • Des exercices de grammaire avec corrections • Des exercices d’appropriation. Un dossier pour situer et comprendre le texte • Une présentation de l’œuvre et de La Bruyère dans son époque • Les mots importants des Caractères • Un groupement de textes autour du parcours du bac La comédie sociale. Lire plusexpand_more Titre Les Caractères, livres V à X - BAC 2022 EAN 9782072944345 Éditeur Editions Gallimard Date de parution 03/06/2021 Format PDF Poids du fichier Inconnue Protection Adobe DRM L'ebook Les Caractères, livres V à X - BAC 2022 est au format PDF protégé par Adobe DRM highlight_off Cet ebook n'est pas compatible pour une lecture sur application iOs et Android Vivlio. highlight_off Cet ebook n'est pas compatible pour une lecture sur My Vivlio. highlight_off Cet ebook n'est pas compatible pour une lecture sur le lecteur Vivlio. check_circle Cet ebook nécessitera un logiciel propriétaire pour une lecture sur liseuse. De plus, la liseuse ne permet pas d'adapter la taille de la police d'écriture sur ce format. 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S'ils repassent alors sur tout le cours de leurs années, ils ne trouvent souvent ni vertus ni actions louables qui les distinguent les unes des autres ; ils confondent leurs différents âges, ils n'y voient rien qui marque assez pour mesurer le temps qu'ils ont vécu. Ils ont eu un songe confus, informe, et sans aucune suite ; ils sentent néanmoins, comme ceux qui s'éveillent, qu'ils ont dormi longtemps. ED. 5.48Il n'y a pour l'homme que trois événements naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre. ED. 4.49Il y a un temps où la raison n'est pas encore, où l'on ne vit que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige. Il y a un second temps où la raison se développe, où elle est formée, et où elle pourrait agir, si elle n'était pas obscurcie et comme éteinte par les vices de la complexion, et par un enchaînement de passions qui se succèdent les unes aux autres, et conduisent jusqu'au troisième et dernier âge. La raison, alors dans sa force, devrait produire ; mais elle est refroidie et ralentie par les années, par la maladie et la douleur, déconcertée ensuite par le désordre de la machine, qui est dans son déclin et ces temps néanmoins sont la vie de l'homme. ED. 4.50Les enfants sont hautains, dédaigneux, colères, envieux, curieux, intéressés, paresseux, volages, timides, intempérants, menteurs, dissimulés ; ils rient et pleurent facilement ; ils ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très petits sujets ; ils ne veulent point souffrir de mal, et aiment à en faire ils sont déjà des hommes. ÉD. 4.51Les enfants n'ont ni passé ni avenir, et ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent. ED. 4.52Le caractère de l'enfance paraît unique ; les mœurs, dans cet âge, sont assez les mêmes, et ce n'est qu'avec une curieuse attention qu'on en pénètre la différence elle augmente avec la raison, parce qu'avec celle-ci croissent les passions et les vices, qui seuls rendent les hommes si dissemblables entre eux, et si contraires à eux-mêmes. ED. 4.53Les enfants ont déjà de leur âme l'imagination et la mémoire, c'est-à-dire ce que les vieillards n'ont plus ; et ils en tirent un merveilleux usage pour les petits jeux et pour tous leurs amusements c'est par elles qu'ils répètent ce qu'ils ont entendu dire, qu'ils contrefont ce qu'ils ont vu faire, qu'ils sont de tous métiers, soit qu'ils s'occupent en effet à mille petits ouvrages, soit qu'ils imitent les divers artisans par le mouvement et par le geste ; qu'ils se trouvent à un grand festin, et y font bonne chère ; qu'ils se transportent dans des palais et dans des lieux enchantés ; que bien que seuls, ils se voient un riche équipage et un grand cortège ; qu'ils conduisent des armées, livrent bataille, et jouissent du plaisir de la victoire ; qu'ils parlent aux rois et aux plus grands princes ; qu'ils sont rois eux-mêmes, ont des sujets, possèdent des trésors, qu'ils peuvent faire de feuilles d'arbres ou de grains de sable ; et, ce qu'ils ignorent dans la suite de leur vie, savent à cet âge être les arbitres de leur fortune, et les maîtres de leur propre félicité. ED. 4.54Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts du corps qui ne soient aperçus par les enfants ; ils les saisissent d'une première vue, et ils savent les exprimer par des mots convenables on ne nomme point plus heureusement. Devenus hommes, ils sont chargés à leur tour de toutes les imperfections dont ils se sont moqués. ED. 4. Lisezce Littérature Dissertation et plus de 31 000 autres dissertations et fiches de lecture. Les Caractères ou Les Mœurs de ce siècle (1688), La Bruyère « Du Souverain de la République. - Les caractères qui présentent une dénonciation sont l’extrait 9 car La Bruyère dénonce l’envie des chefs politiques d’éteindre Le Texte Etudié . Arrias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi; c'est un homme universel, et il se donne pour tel Il aime mieux mentir que de se taire ou de paraître ignorer quelque chose. On parle, à la table d'un grand, d'une cour du Nord il prend la parole, et l'ôte à ceux qui allaient dire ce qu'ils en savent ; il s'oriente dans cette région lointaine comme s'il en était originaire ; il discourt des moeurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes il récite des historiettes qui y sont arrivées ; il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'à éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lui prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vraies. Arrias ne se trouble point, prend feu au contraire contre l'interrupteur. je n'avance, lui dit-il, je ne raconte rien que je ne sache d'original je l'ai appris de Sethon, ambassadeur de France dans cette cour, revenu à Paris depuis quelques jours, que je connais familièrement, que j'ai fort interrogé, et qui ne m'a caché aucune circonstance. » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de confiance qu'il ne l'avait commencée, lorsque l'un des conviés lui dit C'est Sethon à qui vous parlez, lui-même, et qui arrive de son ambassade. » LA BRUYÈRE, les Caractères . Le Commentaire proposé . Introduction La Bruyère est un écrivain classique, qui a pris le parti des Anciens contre les Modernes. Son œuvre majeure est Caractères », où il critique son époque et les genres humains, puisqu'il les présente tous dotés d'un défaut. Son texte est un portrait caricatural, qui s'achève par une anecdote, caricature du bavard frimeur, mais qui est aussi une distraction pour le lecteur par sa chute. 1-le personnage 2-l'intérêt comique I. LE PERSONNAGE A. Son omniprésence ~ L'auteur met l'accent sur le bavardage du personnage qui n'intéresse que lui il monopolise la conversation. Anaphore du il » = omniprésence, qui est progressivement remplacé par je », qui traduit le côté imbu de lui-même du personnage, avec une description puis une narration. ~ Champ lexical de la parole tous les verbes sont différents. Arrias ne se répète jamais, il fait preuve d'une variété de discours, qui traduit son don pour parler, même sur une conversation de bas niveau ! ~ Le texte présente d'abord un style indirect, puis un style direct. Ceci permet à l'auteur d'amener la chute de l'histoire, et de montrer qu'aucun dialogue n'est possible avec Arrias, personnage qui minimise les autres => se hasarde… ce qui explique la chute ! ~ Arrias est égocentriste on » quelqu'un » = le personnage ne connaît pas ses convives, il ne porte aucune attention aux interlocuteurs. B. Ses autres défauts ~ Arrias est un mythomane culturel. aime mieux mentir que de se taire ». On peut dire que le personnage frime jusqu'au bout, arrivant même à inventer pour combler ses lacunes de connaissances. ~ Le personnage est aussi un mythomane social. Il veut étaler ses fausses relations, c'est un snob. familièrement » = il est plus haut placé que l'ambassadeur, puisque ceux-ci ne peuvent parler de leur métiers qu'à leurs supérieurs car ils sont tenus par le secret professionnel. Il se vante d'un pouvoir qu'il ne possède pas, il se prend pour quelqu'un qu'il n'est pas. ~ Arrias est un mauvais convive. Il rit de ses propres plaisanteries, ce qui ne présente aucun intérêt pour les autres. ~ Personnage coléreux feu contre quelqu'un » = devient rouge, référence chromatique. ~ Arrias est un frimeur comme s'il en était originaire » Il laisse entendre qu'il a fait des choses rares. ~ Il est prétentieux il reprend avec plus de confiance » Arrias ne se trouble point » Arrias est trop sûr de lui. ~ Il est enfin imprudent. Il dit CE qu'il ne faut pas dire le nom de l'ambassadeur ! C'est la caricature du frimeur qui ne peut plus s'arrêter. II. LE COMIQUE A. La Caricature ~ Le type humain est poussé à l'extrême. tout lu, tout vu… » Ces hyperboles montrent que l'auteur se moque. ~ L'énumération Le rythme est quartenaire 4 sujets et au pluriel. ~ Arrias est en antithèse avec les autres. Les mots sont antithétiques deux à deux hasarde/ne se trouble point » prouve nettement/ne sache original » des choses qui ne sont vraies/caché aucune circonstance » C'est une sorte de duel entre lui et les autres. ~ La parataxe aucun lien entre les phrases Les convives sont fatigués par Arrias. C'est un discours pénible, ennuyeux… On partage l'ennui des convives par le style plat que crée la parataxe. ~ Antiportrait de l'honnête homme. Tous les défauts qui ne sont pas acceptés à l'époque sont indiqués. Le personnage est asocial. L'usage du présent laisse présager que Arrias fait la même chose partout où il passe. B. Le jugement de l'auteur ~ L'auteur suggère que le personnage n'est pas ce qu'il voudrait être. Arrias a tout vu, tout lu, il veut le persuader ainsi » C'est une asyndète, la 2e partie démolit la première. universel…pour tel » Il semble exister une grande marge entre l'opinion de La Bruyère et celle d'Arrias. ~ L'auteur fait un jeu de mot sethon => sait-on ? » Cela tourne en ridicule Arrias car c'est le seul mot qu'il ne connaît pas. ~ Le passage de la narration à l'anecdote D'abord un portrait au présent au style direct, puis lorsque les guillemets se ferment, on observe de l'imparfait et du plus-que-parfait. On passe de la narration généraliste à l'anecdote ponctuelle. C'est une conséquence de l'attitude d'Arrias, c'est une induction morale. ~ Les interventions de l'auteur ne sont pas visibles car il ne commente rien. La tête d'Arrias, de Sethon, le fou rire des convives sont du domaine de notre imagination, ainsi que la suite de l'histoire. La Bruyère est un bon conteur, il se retire avant de rire, contrairement à Arrias. Conclusion Le portrait est général, intemporel. Il suppose une morale, un peu comme La Fontaine qui veut instruire son public, conformément aux règles classiques plaire et toucher. Le texte n'est pas médisant, on ne se moque pas de quelqu'un qu'on connaît, contrairement aux portraits que fait Célimène dans le Misanthrope de Molière. Il y a un côté pédagogique, l'auteur châtie les moeurs en faisant rire, il ne faut pas devenir comme Arrias. Le texte est intéressant sur le plan des mœurs historiques l'honnête homme doit maîtriser un art comme critère de sélection celui de la conversation.
LesCaractères de La Bruyère I) Le mélange des genres A) L'essai (2 points) Un essai est un récit dans lequel l'auteur débat d'un sujet selon son point de vue. La Bruyère, dans "les Caractères" nous fait part de son opinion sur la souveraineté, il s'agit donc d'un essai. (Melina) Son implication est d'ailleurs montrée par l
Un caractère bien fade est celui de n'enavoir aucun . Voilà qui annonce la couleur ! Dans ses Caractères, oeuvre magis-trale à laquelle il a consacré sa vie, La Bruyère brosse un portrait au vitriol de ses contemporains. Fin observateur, il n'épargne personne l'ambition du courtisan, l'égoïsme du puissant, la vanité dupédant sont tournés en ridicule. Et à tra-vers eux, c'est toute une société, celle du paraître et de l'argent, qui est fustigée. - Une frise chronologique historique et culturelle- Une introduction Pourquoi lire Les Caractères au XXI ? siècle ? - Le texte intégral annotéDes sujets pour s'entraîner à l'oral et à l'écrit du bac- Des analyses de textes au fil de l'oeuvre- Un commentaire de texte et une dissertation rédigés- Des exercices de grammaire avec corrections- Des exercices d'appropriationUn dossier pour situer et comprendre le texte- Une présentation de l'oeuvre et de La Bruyère dans son époque- Les mots importants des Caractères- Un groupement de textes autour du parcours du bac La comédie La Bruyère Jean deEditeur GALLIMARDDate de parution 03/06/2021Nombre de pages 229Dimensions x x savoir +Livraison ou retrait dès 1/2 semaines Delivery date fragmentsA partir de 1,99€ - Retrait offert dès 25€ Un caractère bien fade est celui de n'enavoir aucun . Voilà qui annonce la couleur ! Dans ses Caractères, oeuvre magis-trale à laquelle il a consacré sa vie, La Bruyère brosse un portrait au vitriol de ses contemporains. Fin observateur, il n'épargne personne l'ambition du courtisan, l'égoïsme du puissant, la vanité dupédant sont tournés en ridicule. Et à tra-vers eux, c'est toute une société, celle du paraître et de l'argent, qui est fustigée. - Une frise chronologique historique et culturelle- Une introduction Pourquoi lire Les Caractères au XXI ? siècle ? - Le texte intégral annotéDes sujets pour s'entraîner à l'oral et à l'écrit du bac- Des analyses de textes au fil de l'oeuvre- Un commentaire de texte et une dissertation rédigés- Des exercices de grammaire avec corrections- Des exercices d'appropriationUn dossier pour situer et comprendre le texte- Une présentation de l'oeuvre et de La Bruyère dans son époque- Les mots importants des Caractères- Un groupement de textes autour du parcours du bac La comédie La Bruyère Jean deEditeur GALLIMARDDate de parution 03/06/2021Nombre de pages 229Dimensions x x / EAN cfd4d6d3-fe8d-4334-b380-7613d9d8fb68 / 9782072944338 LES CARACTERES LIVRES V A X, La Bruyère Jean deIl n'y a pas encore d'avis pour ce produit. Magasin AuchanEstimée le 07/09/2022 1,99€ Votre commande est livrée dans le magasin Auchan de votre choix. Vous êtes prévenu par email et/ou par SMS dès la réception de votre commande par le magasin. Vous retirez votre commande en moins de 5 minutes en toute autonomie, quand vous le souhaitez selon les horaires d’ouverture de votre magasin et vous en profitez pour faire vos courses. Votre colis reste disponible en magasin pendant 14 jours dès réception. Point relaisEstimée le 07/09/2022 1,99€ Votre commande est livrée dans le Point Relais de votre choix. Vous êtes prévenu par email et/ou par SMS dès la réception de votre commande par le Point Relais. Souvent ouverts jusqu'à 19h30 et parfois le week-end, les 12500 Points Relais disponibles en France offrent l'avantage d'être proches de votre domicile ou de votre lieu de travail. En cas d'absence, ils conservent votre achat pendant 14 jours avant de nous le retourner. Livraison à domicileEstimée le 07/09/2022 2,99€ Pour les produits vendus par Auchan, votre commande est livrée à domicile par La Poste. Absent le jour de la livraison ? Vous recevez un email et/ou un SMS le jour de l'expédition vous permettant de confirmer la livraison le lendemain, ou de choisir une mise à disposition en bureau de poste ou Point Relais. Dissertationde Français Sujet : « L’homme n’a point d’usages ou de coutumes qui ne soient de tous les siècles ». Vous discuterez cette affirmation de La Bruyère dans Les Caractères, en Une collection dédiée aux œuvres intégrales du BAC de Français 1re et à leurs parcours associés.• Le Parcours associé La comédie socialeVoie générale• RésuméLa Cour est un théâtre grandiose où se joue une comédie sociale orchestrée par des courtisans souvent aussi cruels que sur cet univers de faux-semblants que La Bruyère pose un regard plume, d'une précision chirurgicale, dresse des portraits qui, en y regardant bien, se révèlent très proches de nous...Les + de la collection• Tous les repères sur l'auteur et le contexte de l'œuvre• Des explications linéaires pour se préparer à l'oral• Le Dossier du lycéen avec tous les thèmes clés et les enjeux de l'œuvre et du parcours associé, des sujets de dissertation et des points de méthode pour préparer les élèves au Bac de Français "Pour en savoir plus et pour télécharger gratuitement le livret pédagogique réservé exclusivement aux enseignants rendez-vous sur hedHjxe.
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